mardi 25 septembre 2018

Mot de Bienvenu aux nouveaux de la Maison Lavigerie


« Voyez, oh ! Qu’il est agréable, qu’il est doux, pour des frères de vivre ensemble ! » Ps 133.

 Chers frères séminaristes dans le Christ, loué soit Jésus Christ.

En cette année nouvelle et plus particulièrement en ce jour béni, nous accueillons d’un cœur débordant de gratitude, de joie et d’espérance nos treize (13)  frères ici présents en plus de notre formateur le révérend Père  Joël OUEDRAOGO. Oui, vous êtes pour nous un grand présent que la communauté nous fait ; car notre souhait est de voir notre famille grandir et déborder de chaleur humaine. Comment donc ne pas remercier le Seigneur pour ce don ? Comment ne pas le louer pour ces bienfaisances ? Oui, chers frères, notre cérémonie de ce soir est pour nous une manière non seulement de rendre grâce à Dieu mais aussi de vous souhaiter la bienvenue. Soyez les bienvenus chez vous et sentez vous à l’aise. Ainsi serez-vous des membres à part entière dans notre grande famille lavigerienne.

Permettez-moi d’emprunter les mots de notre père recteur lors de la toute première rencontre communautaire pour l’élaboration de notre projet de l’année en s’inspirant du livre d’Éphésiens chapitre 2 au verset 19. « Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des Saints, gens de la maison de Dieu » Autrement dit, vous n’êtes plus des nouveaux, mais des citoyens d’une même famille appelée à vivre de joie et d’unité par un attachement profond au Christ.

Dans cette perspective de joie et d’unité, nous voyons déjà les merveilles de cette nouvelle année. Une année remplie du feu d’amour, une année avec Marie notre Dame d’Afrique, une année des vivants, une année pas comme les autres.

En effet, vous aurez dans un instant notre outil de travail qu’est la Sainte Bible. Elle vous servira à travailler dans le champ de votre vie Spirituelle, Communautaire, Apostolique et Intellectuelle. Pour saint Jérôme, « ignorer les écritures c’est ignorer le Christ qui nous appelle à sa suite » pour cela, la lecture et la méditation de la parole de Dieu nous donnent non seulement « l’excellence de la connaissance de Jésus Christ » (Phil 3,8)  mais encore, elles nous enracinent plus profondément dans le Christ et orientent notre mission de servir nos prochains. Voila pourquoi nous sommes convaincus que les 150 ans d’anniversaire de notre société cette année sera pour les prochaines années un guide précieux qui nous aidera à réaliser en profondeur la réconciliation avec Dieu et avec nous-mêmes en vue de devenir à notre tour des artisans de réconciliation.

Puisse le Seigneur nous aider dans un esprit fraternel, à bâtir sa maison.

Bonne célébration et que la fête soit belle !!!  Merci !!!                           

                                                                                                                   Eloge DJIBOM


lundi 2 juillet 2018

Partage de mes trois années d’expérience à la Maison Lavigerie (2015-2018)


Je réponds au nom de Jérôme MILLOGO. Je suis originaire du diocèse de Bobo-Dioulasso. Je suis à ma troisième et dernière année ici à La Maison Lavigerie de Ouagadougou, à la première étape de formation en philosophât. Nous (09 personnes) avons foulé le sol lavigerien dans l’après-midi du 09 septembre 2015 dans un climat de joie. Je peux dire que l’accueil était chaleureux. Tout début est important dans une vie d’apprentissage et cela peut déterminer le reste de notre vision de ce que sera notre séjour dans un lieu. Et la mise en confiance est très importante dans la vie relationnelle. Bien vrai que l’accueil fut chaleureux, il en demeurait qu’un certain nombre de questions sur le déroulement de la formation me tourmentaient  l’esprit. 

À la différence de certaines personnes qui, au bout de quelques mois, avaient la nostalgie familiale ou de la vie lambda, moi, je n’ai pas trop senti cela. Je ne l’ai pas senti en ce sens qu’après la classe de la 3jusqu’à l’Université, j’ai été physiquement loin des parents. Mais je pensais de temps en temps à mes copains d’Université et à l’ambiance du campus et tout ce beau rêve que j’ai laissé librement pour suivre le Christ.

Pour ne pas aller du coq à l’âne, j’aimerais faire ce partage en cinq points essentiels.

· Sur la vie communautaire

Étant aspirants, nous avons toujours eu écho de la vie communautaire. Les réponses qui venaient toujours sur les lèvres, à la question « qu’est ce qui t’attire chez les missionnaires d’Afrique ? », étaient soit la vie communautaire ou soit le style de vie simple. Cela est bien, mais je me suis rendu compte que la vie communautaire a ses exigences ; elle n’est pas un « menu » déjà fait mais une vie à construire et cela demande la participation et l’effort de chaque membre de la communauté. Sans cette collaboration et cette fraternité, il n’y aurait pas de communauté mais un rassemblement d’hommes. J’ai beaucoup aimé de la vie communautaire et appris d’elle. Un jour, j’ai eu un aveu d’un des frères qui me disait, « Jérôme, tu sais quand nous étions aspirants, j’avais du mal à t’aborder car tu es plus âgé que moi, tu es à l’université et tu as plus d’expérience que moi. Mais depuis que nous avons commencé la formation ici, cette barrière a disparu et au contraire, je vois que tu n’es pas ce que je pensais de toi. » Pour dire que la vie communautaire est une pièce à double faces. Tu peux faire une mauvaise expérience comme tu peux faire une bonne. Et comme je le disais plus haut, la qualité d’une vie relationnelle ou communautaire s’apprécie dès le début car tout premier contact peut marquer quelqu’un toute sa vie soit positivement, soit négativement. 

Pour moi, en communauté la vie est faite de gains et de pertes, de joies et de peines, de hauts et de bas – mais nous n’avons pas à les vivre tout seuls. Nous voulons boire à la coupe ensemble et donc célébrer le fait que les blessures de nos existences individuelles, qui paraissent intolérables lorsqu’on les vit seul, deviennent une source de guérison lorsqu’on les vit dans un groupe dont les membres s’occupent les uns des autres. La communauté est une grande mosaïque. Chaque petite pièce a l’air insignifiant. Certaines semblent précieuses, d’autres ordinaires. Quelques-unes donnent l’impression de valoir beaucoup, d’autres rien du tout. Certaines sont de mauvais goût, d’autres paraissent délicates. Telle est la communauté, un regroupement fraternel de petites gens qui, ensemble, font voir Dieu dans le monde.

Pour ma part, je peux dire que j’ai rencontré des moments de peines, de difficultés et des moments de joie et de reussite. Durant ces trois années de formation, j’ai énormément appris de la vie communautaire et amélioré mes attitudes relationnelles. J’ai compris que pour être tout à touset gagner la confiance des autres, seules l’humilité, l’écoute des autres, l’aide et l’attention qu’on leur porte sont très capitales pour une vie relationnelle réussie. Sur ce point, je me réjouis d’avoir fait de mon mieux pour aider mes frères et mes sœurs.

J’ai aussi appris beaucoup d’eux, car l’homme ne se suffit à lui-même. J’ai appris que chacun d’eux comme moi avions une histoire et que le partage de chaque expérience peut être une consolation ou une leçon de vie pour l’autre. J’ai apprécié les présentations individuelles en équipe, qui sont une occasion de connaitre son frère, son tempérament et son environnement familial. Cette connaissance de l’autre m’a permis d’éviter tous préjugés. Cependant, je n’ai pas aimé les mauvaises interprétations ou jugements sur une personne sans connaitre les raisons. Ce que nous oublions, il est plus facile de juger l’autre de l’extérieur sans réellement savoir ce que la personne vit au-dedans d’elle.

· Sur la vie de prière

La prière est une arme fondamentale de la vie chrétienne. Sur cet aspect, je dirais - pas pour me glorifier - qu’elle (la prière) a été mon sport de tous les jours. Je le dis ainsi parce qu’avant et après mes sacrements d’initiation chrétienne, j’ai eu la chance d’appartenir à des groupes où la pratique quotidienne de la prière est de rigueur et c’est par là que j’ai commencé à forger une discipline de prière personnelle. À la Maison Lavigerie, avec les différentes formes de prières, j’ai appris à varier ma gamme de prière. La méditation est un aspect qui m’a beaucoup aidé dans ma vie de prière. Cette expérience de prière acquise dans les groupes, je l’ai fait profiter à la communauté et à des personnes qui en avaient besoin.

Nonobstant cette belle expérience dans la vie de prière que j’ai vécue et que je continue à vivre, il est évident que j’ai traversé des moments de désolation, de sécheresse où il m’était difficile, voire impossible de prier. Tout cela était dû à des événements de la vie à l’interne et à l’externe. Mais comme je le dis toujours, je rends grâce à Dieu pour mes directeurs spirituels qu’il m’a donnés car ils ont été d’un grand secours pour moi afin de relever la pente.

Dans mes moments de désolation, je faisais un long temps de méditation de la situation vécue et une longue révision de vie avant de dormir et comme on le dit si souvent « la nuit porte conseil ». Je vous assure, je me réveillais toujours recréer, remplir de la force de continuer et d’une paix intérieure. Concernant la paix intérieure, c’est un aspect très important dans la vie d’une personne, sans cela il est très difficile de progresser humainement et spirituellement. Ma prière consistait à demander au Seigneur le discernement et l’écoute afin d’avoir une claire vision de ce que je dois faire, d’où la nécessité pour moi d’être attentif à tout ce qui se passe autour de moi. 

· Sur la vie intellectuelle

La vie intellectuelle dans le cadre universitaire ne m’était pas étrangère parce qu’ayant fait l’université, j’avais déjà une expérience de vie académique. Pour moi, l’idée était de la continuer dans ce cadre de formation. Cependant le cadre de cette maison de formation est assez différent des autres universités. D’abord, il fallait se familiariser au programme de la Maison en faisant le lien avec les études, l’apostolat, et les activités personnelles. Ensuite, je devais m’habituer aux modalités d’évaluation qui sont différentes de celles de l’université d’où je proviens. Enfin, je devais étudier une autre filière de celle étudiée. Je reconnais que le début n’a pas été facile car j’avais du mal à jumeler les différentes activités. Je remarquais que chaque fin de journée, j’étais vraiment fatigué. J’avais l’impression qu’il n’y avait pas un temps de repos et que les activités étaient tellement enchaînées.

En fin de compte, j’ai intégré le programme de la formation comme bien d’autres et cela est devenu une partie de moi-même. Les études ici m’ont permis de mettre plus de rigueur et de sérieux à tout ce que je fais. En plus, l’étude de la philosophie m’a ouvert l’esprit dans mes discussions avec des camarades durant mes congés. Ils sont autant surpris de ma qualité d’intervention dans le réalisme et de l’ouverture dans mes propos. J’ai l’habitude dans un débat de laisser parler les autres avant d’intervenir. Il faut le dire l’esprit critique que nous développons en philosophie m’aide dans beaucoup de milieux de vie. Même dans mon groupe de prière, les frères et sœurs sont surpris que je ne mette pas foi à tout ce qui se passe. Je les invitais à ne pas être trop fondamentalistes, ni dogmatiques. J’ai beaucoup aimé les études et mon secret était de faire des résumés des cours trop volumineux.

· Sur la vie apostolique

L’un des piliers qui m’a le plus façonné est l’apostolat. À la Maison Lavigerie, j’ai eu la chance de faire trois types d’apostolat à savoir : l’apostolat de proximité, la rencontre avec les jeunes et la catéchèse. À ma première année quand j’ai commencé l’apostolat de proximité, je l’avais confondu à l’évangélisation porte à porte que je faisais avec mon groupe à Koudougou. Ici, c’est tout autre car l’objectif n’était pas d’aller évangéliser mais d’être proche des gens par notre témoignage de vie. Cet apostolat demande de l’audace, du courage et assez d’humilité. Car il arrive que vous soyez rejetés, frustrés par les gens que vous côtoyez. Nous avons fait des expériences d’injures, de rejet face à certaines personnes. En revanche, nous avons aussi été reçus par des personnes compréhensives. Toutes ces relations m’ont permis de savoir que la mission n’est pas aussi facile qu’on le pense. Et il faut toujours s’attendre à la fermeture des gens mais c’est à nous de les mettre en confiance. 

À ma deuxième année, l’expérience était plus intéressante avec les jeunes. La jeunesse est le stade des questionnements, de la volonté de s’affirmer, de connaitre davantage, de construire sa personnalité, etc. C’est cet aspect que j’ai vécu avec les jeunes où je sentais qu’ils avaient réellement le désir de connaitre les enjeux de la vie d’une part et d’autre part la vie de l’Eglise. Lors de mes causeries ou conférences, j’étais noyé par des questions de tous genres. Pour les jeunes, un séminariste est celui qui connait tout. Mais je leur faisais comprendre que j’apprenais aussi par eux et que mon objectif n’était pas de venir leur imposer quoi que ce soit mais tout simplement leur apporter mon expérience et recevoir aussi d’eux. Certains jeunes aiment quand tu te mets dans leur « peau », en essayant de parler leur langage. En fin de compte, j’ai beaucoup appris auprès des jeunes que je ne leur ai donné.  Car il ne sert à rien d’aller apprendre aux jeunes ce qu’ils connaissent déjà mais c’est par notre témoignage de vie que nous pouvons les enseigner.

À ma troisième année, j’ai donné la catéchèse. La catéchèse ! Ce n’était pas ma première fois de le faire puisque je l’ai faite quand j’étais au campus avec les jeunes et aussi avec les enfants. Mais cette année, j’ai préféré m’entretenir avec les enfants qui apprennent mieux que les jeunes. À chaque fois que j’ai un groupe de personnes à ma charge, je les amenais à avoir confiance afin que la participation soit active. J’ai cultivé cette familiarité avec les enfants qui leur a donné la pleine confiance de s’ouvrir et d’expliquer librement les difficultés qu’ils vivent en famille et à l’école.

En somme, je peux dire, durant mes trois années de formation à la Maison Lavigerie, que j’ai pu acquérir beaucoup d’expériences dans tous les domaines de la vie. J’ai reçu une formation holistique qui a pris en compte tous les domaines de ma vie. Ma vie au début de mon entrée ici n’est plus la même. Il y a eu beaucoup de changements aux niveaux humain, spirituel et intellectuel et même relationnel. Je me suis fait plein d’amis et d’amies, de bienfaiteurs (trices). J’ai appris à construire ma personnalité, à connaitre l’autre et à l’accepter dans ses forces et dans ses faiblesses. Je pense que c’est en se connaissant et en connaissant l’autre que nous éviterons les jugements non fondés.

Voilà qu’un autre horizon s’ouvre pour moi dans la suite de ma formation missionnaire. Puise le Seigneur me fortifier davantage et me modeler à sa manière.


                                                                    MILLOGO Jérôme, 3eannée.

lundi 25 juin 2018

Expérience de l'Arche


Mon apostolat dans une communauté de l’Arche à Ouagadougou

Cette année, nous sommes quatre (04) étudiants pour l’apostolat de l’Arche : 02 Burkinabè, 01 Ivoirien et 01 Togolais. Au début de notre apostolat à l’Arche, les tout premiers contacts avec ces handicapés n’étaient pas du tout faciles pour moi et je pense que c’était pareil pour mes trois autres confrères. Mais avec le temps, nous sommes parvenus à aimer cet apostolat ainsi que les personnes vers qui nous étions envoyés.

 Notre apostolat à l’Arche se scinde en deux grandes parties. D’abord, nous travaillons au jardin en vue d’aider ces personnes handicapées à avoir un peu de légumes pour se nourrir. Ce travail du jardin consiste  essentiellement à arroser les légumes et autres plantes qu’elles ont déjà fait pousser. La deuxième partie de notre apostolat est réservée aux échanges avec les personnes handicapées et tous ceux qui les assistent. Ces échanges et partages nous permettent de toucher de près les réalités que vivent ces personnes. À travers ces échanges, nous leur témoignons de notre amour car nous leur donnons, grâce au temps que nous passons à bavarder avec elles, la joie de vivre.  Ensemble, nous prions et jouons différents jeux. Chacune de ces personnes souffrant de handicap, participe à sa manière à toutes les activités de la maison.

Souvent, nous nous laissons égarer par des préjugés, les « on  dit » ; et nous concluons sur des faits  sans prendre le soin de connaître leur cause avec des informations crédibles. Les personnes qui souffrent de handicaps mentaux ou physiques ont des talents cachés. Si donc on ne les côtoie pas ou si on ne les insère pas dans la société, non seulement elles perdront ces talents, mais aussi elles deviendront une grande charge pour la société. C’est en les aimant et en les acceptant dans la société qu’elles pourront développer leurs capacités. Un exemple concret que je peux donner, c’est le jeune KOUKA qui est actuellement à l’Arche. Ce jeune homme à une mémoire très magnifique et fertile. Il enregistre dans sa tête des images de tout ce qu’il voit et les reproduit après, telles qu’elles sont et qu’il les a vues. Il a reproduit plein d’images sur des tableaux qu’il a accrochés dans sa chambre. Ces images sont entre autres des bâtiments (maisons), des cartes, des voitures, etc. Ce qui est frappant et étonnant de tout cela, c’est qu’il dessine avec un stylo sans utiliser de gomme et sans avoir l’image sous ses yeux. J’étais étonné pour ma première fois que je vois le jeune KOUKA, une personne handicapée mentalement, en train de réaliser une chose pareille.

D’autres choses qui m’ont encore touché à l’Arche, sont entre autres la vie communautaire et l’amour. J’ai été touché parce que la vie communautaire n’a jamais été facile pour des biens portants qui vivent ensemble ; mais à l’Arche, ils arrivent à vivre une vie de communauté en dépit de leur différence : des biens portants et des handicapés. À l’Arche, en effet, tout se fait communautairement et surtout dans la joie. On va au rythme de chacun. L’amour y règne. C’est un amour désintéressé, qui y règne. Comme le disait Saint Augustin, « la mesure de l’amour vrai, c’est d’aimer sans mesure ». Oui, l’amour peut tout. Seul l’amour peut nous aider à construire de vraies communautés à l’image de la communauté Divine (La Trinité). Et c’est lui seul qui peut nous aider à comprendre l’autre, sa façon d’agir et de faire. On  ne peut vraiment aider ou aimer quelqu’un si on ne descend pas pour le rencontrer dans ses vécus quotidiens.

«  Qui donc est Dieu que nul ne peut aimer s’il n’aime l’homme ? » Alors, que ces mots de l’hymne du bréviaire nous interpellent et ouvrent notre cœur à la charité ; surtout à l’amour envers nos frères et sœurs souffrant de quelque handicap que ce soit.  



Igor YÉBOU

Messe de clôture de l'ISPP L/ ML


Il n’y a pas longtemps nous chantions, pour paraphraser l’hymne du bréviaire : ‘’une nouvelle année commence, une année reçue de toi Père! Nous l’avons remis d’avance en tes mains telle qu’elle sera’’. Aujourd’hui, le temps est venu de chanter comme nous le faisions à l’école primaire : «  Au revoir ! au revoir !au revoir ! »


En effet, c’est déjà les vacances et cette messe de clôture de l’année académique en dit long.


L’année 2017-2018 qui avait pris son envol en septembre a maintenant atterrit. Tout l’institut rend grâce à Dieu pour les succès engrangés au cours de cette année. C’est aussi l’opportunité pour les premiers responsables de l’institut de féliciter les étudiants pour les brillants résultats car disent-ils, ce sont eux qui pourront faire de l’institut ce qu’ils veulent qu’il soit. Ils (les responsables) ont, en plus des félicitations, encouragé les étudiants à toujours rivaliser d’ardeur pour cultiver l’excellence. Et pour montrer combien l’excellence a du prix à leurs yeux, ils ont récompensé les trois premiers de chaque  promotion.


Après la prière d’action de grâce, un repas fraternel a été servi autour du quel, enseignants, étudiants, étudiantes et personnels se sont dits au revoir ! Rendez-vous est donc pris pour septembre 2018 en espérant que tous pourront bien profiter des vacances pour reprendre des forces. Aux étudiants de 3e année, qui ne seront plus des nôtres à cette date, nous souhaitons bon vent ! Puisse le Seigneur les aider là où ils se trouveront désormais.


Vivent les vacances !!! A nous revoir d’ici là !!!


L’équipe éditoriale





Le président de la célébration
Enseignants et personnels étaient pésents
Remise d'attestation aux étudiants de la 3e année
Le Fr. Denis reçoit un présent de l'ISPP/ ML

La chorale de l'ISPP / ML





Partage d'expérience après trois années passées à la Maison Lavigerie



« Il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le ciel » (Ecclésiaste 3, 1). Je m’en vais dans la même lignée pour dire qu’il y a un temps pour entrer à la Maison Lavigerie et un temps pour en sortir ; un temps pour le partage de la vie dans la différence et un temps de se séparer pour continuer dans d’autres horizons, les expériences vitales du quotidien. L’an 2015 fut mon entrée à la Maison Lavigerie, me voici alors en cette année 2018 qui est la fin de mon séjour dans ladite maison.

Plusieurs fois de suite, je songeais à ces jours qui sont les derniers à faire mes valises pour rentrer chez moi ou continuer la formation ailleurs.C’est alors que le moment tant attendu est venu pour que je continue la formation au  Noviciat. En ma première année, la nostalgie avait failli me désorienter de la vie du séminaire. Mais avec les encouragements venant de part et d’autre, j’ai tenu jusqu’à la fin de mes trois ans. Franchement parlant, je vois actuellement en moi que la vie à la Maison Lavigerie a transformé ma personne sur la manière de voir et de concevoir les choses. Mes jugements de valeur ne sont plus pareils à ceux de ma vie passée ; j’ai beaucoup progressé.  Je n’attribue plus la même cause aux effets comme cela je le faisais avant. Dans mes idées, Dieu Tout Puissant n’est plus puissant dans la violence, mais dans la miséricorde ; aussi Jésus-Christ n’est plus le Sauveur des hommes sans la  participation de ces derniers. Et l’Esprit Saint ne donne plus la clair-vison des choses sans la disponibilité intérieure de l’homme. Ce sont les effets de la vie intellectuelle qui élargissent ma pensée jusqu’à ce dépassement des préjugés. Ceci m’a beaucoup aidé pour ma liberté personnelle.

Si je me vois aujourd’hui en train de faire mes bagages pour dire au revoir à la communauté lavigerienne, je ne fais que commencer à sentir la nostalgie du futur sur les vécus de cette communauté. Comme nous le savons, dans chaque couple, soit c’est papa et maman qui se frappent ou s’insultent, ou soit ce sont les enfants. Mais dans ces genres de situations, nous pouvons dire que l’amour ne perd jamais sa valeur lorsque nous voyons les mêmes couples ou les mêmes enfants en train de s’aimer encore plus forts qu’avant. C’est cette expérience que j’ai de la vie communautaire. Le vivre ensemble dans les différences est la meilleure des choses qui m’ont été formatrices dans la Maison Lavigerie. C’est ma richesse de l’unité dans la différence et non l’unanimité. Si je pense aux joies et les peines pendant les services tels que le sport, le jardin, la classe de chant, la coiffure, le clapier, l’infirmerie, la cuisine et surtout la vaisselle, je me demande si d’autres occasions me les permettront davantage. Ces joies et peines ne m’ont pas fait de souci, mais elles m’ont plutôt fourni un bagage spirituel qui m’aidera dans ma vie future.

Pour couper court, je tiens à remercier tous ceux qui ont participé d’une manière ou d’une autre à ma formation à la Maison Lavigerie. Que l’Éternel Tout-puissant rende à tous et à toutes, le centuple des efforts déployés pour mon bien. Je finis en nous encourageant avec cette chanson :

Le jour viendra, nous nous verrons et parlerons de nos passés.
Douloureux, joyeux étaient-ils, nous témoignerons de leurs fruits.
Oui, Oui, Oui, nous nous verrons et parlerons. Douloureux, joyeux étaient-ils,
Nous témoignerons de leurs fruits. 


                                                                                                                                   EGAH Benjamin

C'est déjà les vacances à la Maison Lavigerie


Après que l’institut ait refermé ses portes, c’est maintenant le tour de la Maison Lavigerie. Car comme le dit l’Ecclésiaste, « Il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le ciel » (Ecclésiaste 3, 1). Maison Lavigerie a compris ce message et a donc décidé de faire une pause pour se reposer afin de revenir plus forte. Ainsi, le dimanche 24 juin, elle a célébré sa messe de clôture et d’action de grâce au Seigneur pour ses bienfaits cette année durant. Les séminaristes seront en vacances d’ici là, après leur stage de langue d’un mois au Ghana. Cette journée du 24 juin a été marquée par la cérémonie d’au revoir, spécialement dédiée aux étudiants de la 3e année qui ont fini leur parcours ici à la Maison Lavigerie ainsi qu’au Frère Denis WALSH qui, lui aussi, est en partance. Ils étaient donc à l’honneur en ce jour. La cérémonie a débuté à 18h 30 par les vêpres solennelles en présence des invités. Après cette prière, place est faite au repas du soir, partagée fraternellement. Une fois le repas terminé, les petits-frères ont adressé un mot à l’endroit de leur grand-frères et formateur en partance. Ils les ont remerciés pour le temps passé ensemble, leur ont demandé pardon pour les heurts qu’il y a pu y avoir et les ont encouragés et leur ont souhaité bonne chance pour ce que l’avenir leur réserve. Ils leur ont témoigné de leur amour en leur offrant un présent pour leur signifier qu’ils vont leur manquer les années à venir. C’est bien dit, il y a un temps pour tout. Un temps pour vivre ensemble et un temps pour se quitter. Nous souhaitons à tous de bonnes vacances avec nos familles. Mais par-dessus tout, vacances d’accord mais prudence d’abord ! Demeurons des séminaristes en vacance car, on n’est pas séminariste seulement en étant au séminaire. Hors des murs du séminaire, cela devra aussi se laisser percevoir !!! Que Dieu nous bénisse et nous garde tous !!!

                                                                                                           L’équipe éditoriale


La 3e année année

                               









Mot du représentant de la 3e année
Un merci spécial aux membres du service d'ordre

Fr. Denis dit au revoir à la communauté (aux fidèles)





jeudi 14 juin 2018

LA CULTURE DU DOLO ET LES VALEURS CHRETIENNES


Un diagnostic de  la production « du dolo », une boisson locale burkinabè nous permet d’y découvrir de nombreuses valeurs qui vont de paire avec celles chrétiennes. Un peu partout au Burkina où cette boisson est préparée, nous rencontrons des valeurs identiques. Nous constatons que la dolotière a pour principe la patience et la prudence tout au long des étapes de la production. C’est le lieu où elle exploite ses talents pour une bonne décoction. Évidemment de la même façon que le chrétien doit analyser toutes les informations qu’il reçoit sur la foi, la dolotière analyse tout ce qui est utilisé pour le dolo et en extrait ce dont elle trouve incompatible pour un bon dolo.

Qu’elles valeurs pouvons-nous retenir de la part des consommateurs? 

Les lieux de consommation de cette boisson sont souvent les lieux où l’on fait preuve de fraternité. En effet, sans  distinction de sexe ni de provenance, les buveurs se partagent ce qu’ils ont dans la joie et la considération. Encore plus, ce partage se fait autour d’une seule calebasse où chacun goute à son tour. Cela témoigne de l’acceptation de l’autre dans sa différence. Ils sont en union de cœur autour du dolo pour un partage fraternel. C’est un lieu où se déploie vivement l’expression de la charité et de la solidarité. Les uns achètent pour les autres et ainsi de suite dans un tempérament de joie. Dans cette joie d’être ensemble, on voit la volonté de bâtir une communauté heureuse où chacun trouvera sa place. 


Alors on est tenté de dire que le dolo est source de cohésion sociale dans la mesure où les buveurs se forgent de tisser de saines relations et surtout en s’acceptant les uns les autres. Le dolo motive les sens et engage donc les consommateurs sur des voies de discussions concernant certains aspects de la vie qui sont souvent pleins de leçons aussi bien pour ceux qui prennent part aux échanges que pour ceux qui se contentent d’écouter.

Cependant, il faut noter que c’est une boisson alcoolique comme bien d’autres à prendre avec modération pour ne pas délirer ou devenir une fanatique du dolo. Une familiarisation à la consommation du dolo pourrait être source d’oublie de ses responsabilités dans sa propre famille. Il faut noter également que certains peuvent profiter de l’ambiance éprouvé autour du dolo pour se faire du mal, comme s’empoissonner par exemple. En un mot, on pourrait dire que le dolo est un mal nécessaire.


Casimir DABRÉ

lundi 4 juin 2018

Méditation du 02 au 11 juin


Un bien aimé disait à sa bien-aimée ceci : « tu sais chérie, je t’aime à l’infini. Je suis prêt à tout pour toi.» Oui quand on aime, on s’engage à vivre avec l’autre, en étant attentif à ses besoins. L’on se donne soi-même pour être à côte de celle ou de celui qu’on aime, dans ses moments de peine ou de joie. L’équipe sainte Thérèse de l’enfant Jésus nous invite à méditer tout au long de cette semaine sur l’amour et le don de soi, en nous proposant ce thème : « tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mc 12,31).

Chers frères, vivant ensemble dans cette communauté, engageons-nous à regarder les uns les autres avec miséricorde, à être attentif les uns les autres et partageons ensemble nos moments de joie et de peine. Soyons capable de pardonner. Ainsi, nous vivrons dans l’amour, la paix, et la joie.

Demandons à Jésus lui qui nous aime inlassablement, de raviver l’amour et le don de soi en chacun de nous, en chantant : « Ainsi tu me vois Seigneur, comme une nuit d’hiver, sans étoiles et sans vie ; mais la nuit la plus froide peut faire naître le jour, des jours de paix, des jours d’amour. Réf : bénis le seigneur au mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits, bénis le seigneur au mon âme, bénis le seigneur à jamais ! »

                                                                                         W. Richard Ouédraogo


vendredi 1 juin 2018

Méditation du 26 Mai au 02 juin


Thème : «  Ayez foi en Dieu et vous déplacerez les montagnes ».

«  Ayez foi en Dieu et vous déplacerez les montagnes ». Ce thème que nous propose l’équipe Saint Ignace de Loyola nous invite à faire preuve de foi face à notre monde qui, paysagé par des montagnes de la vie sociale, ne croit plus en l’aplanissement des cœurs en vue de l’avènement du royaume de Dieu.  Les montagnes de la vie sociale, ce sont les barrières qui s’interposent dans nos relations,nous séparant les uns des autres. Nos cœurs sont si souvent montagneux qu’il devient très difficile pour nous d’y créer une place pour les autres.               
Ces montagnes, nous en avons plusieurs au compte desquelles trois sont capitales parce que leur altitude nous impose une mauvaise manière de voir et d’agir envers le prochain. Il s’agit de la montagne de la peur, de la montagne des préjugés et de la montagne de l’indifférence. La peur nous fait voir en l’autre un ennemi ou une menace. Nous pouvons par conséquent devenir agressifs ou passif. Les préjugés nous font voir l’autre avec des étiquettes qui portent la marque de leur défaut. Et c’est ainsi que nous jugeons sans amour, voire même avec une mesure débordante. Quant à l’indifférence, elle, nous fait voir le prochain comme une personne sans importance, sans valeur et d’ailleurs dérangeante. Ainsi devenons-nous insensibles à la misère des autres.                         Ces chaînes de montagne sociales paralysent nos relations et nos regards  envers les autres. Pourtant, le dessein de Dieu est que nous vivions en frères dans la perspective de son amour.Que faire donc ? Il faut déplacer les montagnes ou mieux les transformer. Et c’est là que nous avons besoin de la foi en Dieu; laquelle foi n’est rien d’autre que d’avoir une totale confiance en Lui et précisément, en son amour. L’amour est la seule force capable d’aplanir nos cœurs et celui des autres pour ainsi changer le monde. Avoir donc la foi en Dieu, signifie se laisser transformer par son amour et de cet amour, transformer les autres. La foi, nous le savons, est un don de Dieu. Cela signifie que nous l’avons déjà en nous comme une semence. Il nous faut fertiliser nos cœurs par la prière pour qu’elle y grandisse. Par la foi, on est capable d’aimer au delà des montagnes. Au cours de notre méditation, pensons aux personnes entre qui et nous il y a des montagnes et demandons au Seigneur de nous aider à les aplanir.


                                                                                                                                                                                                            Fabrice YAO

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