jeudi 5 mars 2020

LA RETRAITE SUR LES PARABOLES avec le Père Alain

LA RETRAITE SUR LES PARABOLES
MAISON LAVIGERIE
25 janvier – 1er février 2020
OUAGADOUGOU

Bien chers frères étudiants de la première et de la deuxième année, chers formateurs de la maison de formation Maison Lavigerie, le père Alain, secrétaire provincial est l’animateur de cette retraite. Le choix me revient de prendre la parole au nom des séminaristes de la première et de la deuxième année de philosophie, pour traduire notre gratitude et notre reconnaissance au père Alain, en mettant en exergue Dieu notre Père, qui nous a permis de faire un chemin avec lui, durant toute une semaine, non seulement pour le découvrir davantage, mais aussi pour discerner son dessein sur nos vies. En effet, depuis le samedi passé, le 25 janvier 2020, nous sommes entrés dans notre retraite de l'année de formation 2019 - 2020. Le dimanche était celui de la parole de Dieu, dimanche établit par le Pape François pour tous les troisième dimanche du temps ordinaire. Inspiré, soutenu et guidé par le Dieu trine, Père, Fils et Esprit Saint, le Père Alain nous a entretenus, sur le thème général de cette retraite : « Prier les paraboles ». Chers frères, trois raisons ont poussé le Père Alain à choisir ce thème. La première est que la parabole « est un texte simple qui nous aide à dépouiller notre prière pour aller à l'essentiel ». La seconde, c'est qu'il s'agit d'histoires, d'images, qui nous facilitent la compréhension dans notre siècle digitalisé d'aujourd'hui. La troisième raison, c'est que la parabole, le proverbe…  constituent le terreau de beaucoup de langues africaines et traduisent de profondes pensées. Aussi, pouvons-nous nous demander, pourquoi Jésus parle-t-il en parabole En effet, jésus emploie les paraboles pour faciliter notre compréhension. Il fait des comparaisons, en prenant des exemples dans notre vécu et nos pratiques quotidiennes. Il utilise des choses qui sont dans notre environnement comme la terre, la semence, l'oiseau, un homme, une femme, le levain, la maison, le figuier, le filet, le sel, les ouvriers, la lampe, ... Jésus n'a pas fait de grande discours pour nous compliquer sa compréhension.

Chers frères, avant d'aborder les thèmes de la retraite, permettez-moi de dire quelques mots sur l'homélie du Père Alain, le dimanche de la Parole. Dans son homélie, le Père nous a donné l'importance de la Parole de Dieu. Il nous a invités à la conception théologique de cette parole qui est si différente des autres écrits des livres. En effet, la Parole de Dieu, c'est le Christ Jésus, fils de Dieu, qui a pris chair et a habité parmi nous. De même que Jésus est présent dans l'Eucharistie, il l'est aussi dans la Parole. Là, le père nous a invités à son bon usage. Ainsi, le respect que nous devons devant la personne du Christ, nous le devons également en face de la Sainte Écriture ; nous sommes donc invités à la bonne préparation de la liturgie en général.

Le premier thème de notre retraite était le suivant : « la semence et la terre, l'histoire d'un rendez-vous. Qu'en retenons-nous ? La parabole de la semence en Mt 13, 3 ­9 et 13, 18- 23 nous présente quatre types d'enseignements dont le meilleur qui nous est conseillé par le père Alain est celui-ci : « d'autres sont tombées dans la bonne terre et ont donné du fruit, l'un cent, l'autre soixante, l'autre trente. » Par ailleurs, vu les imprévisions de ce semeur qui est sorti n'importe quand et a commencé par semer n'importe comment et n'importe où, le père Alain nous enseignait en ces mots :  « Alors que le paysan sème à une époque bien déterminée, l'histoire de la rencontre de la semence divine et de la terre est celle d'un rendez-vous, dont l'heure n'est pas précisée, ni le jour, ni l'heure, ni la saison. La raison est que, Dieu est toujours là et qu'il sème à travers toutes les circonstances de la vie. Le père continu son enseignement : « une telle retraite comme celle que nous entreprenons, est bien l'histoire d'un rendez-vous. Espérons que ça ne soit pas celle d'un rendez-vous manqué. Pour ce faire, il nous a proposé de nous nourrir de la Parole de Dieu comme ce le fut jadis pour les prophètes, je cite, dans Ezechiel « je regardai : une main était tendu vers moi, tenant un livre enroulé... il me dit ; « fils d'homme mange-le, mange ce rouleau ... » j'ouvris la bouche et il me fit manger ce rouleau... Je le mangeai, il fut dans ma bouche d'une douceur de miel » (Ezéchiel 2, 9... 3, 3). Enfin, le père ajouta que la bonne terre, c'est l'homme qui a fait de la parole, le tout de son existence.

Un mystérieux levain fut le thème de l'après-midi.

Sur ce thème, le père Alain nous a fait découvrir la puissance du levain, aussi petit qu'il soit, mais qui fait lever la pâte. Il nous a donné l'exemple des six martyrs, Missionnaires d'Afrique, avant l'arrivée de la bonne nouvelle au Burkina Faso. Ces martyrs disait-il sont des levains pour l'expansion de la parole de Dieu aujourd'hui au Burkina. Le père nous disait que ce levain est en nous. Il ajoute : « une vraie vie intérieure, c'est un peu le cœur dans le corps du monde. La parabole du levain est également une image de la transformation du cosmos. 

Elle suggère que la construction du royaume n'implique pas une évasion de ce monde. Ce n'est pas en se réfugiant dans un au-delà de l'espace et du temps qu'on y travaille le plus efficacement, mais en allant toujours plus loin dans un au-delà d'intensité de vie.» 

, le père nous a fait savoir que le levain peut produire du bon fruit comme du mauvais, selon l'usage qu'on en fait. Et puisqu'il est en nous, mais pour mieux dire sans fausser la pensée de Jésus, disait le père Alain que nous sommes la pâte et Dieu est le levain en nous, nous devons nous laisser guider par Dieu et son Esprit Saint pour la production d’un bon fruit pour un monde de paix.

Le lundi matin, il nous a été développé comme thème, je cite ; « À temps nouveau, forme nouvelle et homme nouveau ! La parabole du drap neuf et du vin nouveau.» Dans son développement, le père nous a invités à renoncer à toute forme d’intégrisme. Qu'en est-il exactement ? L'intégrisme est le fait de vouloir toujours garder les anciennes pratiques religieuses, tendance à retourner à la source pour s’y figer. Et pourtant, par la venue de Jésus, nous avons part à de la nouveauté. Nous sommes délibérés des pratiques stériles, sans raison. Jésus dira, « l'homme n'est pas fait pour le Sabbat, mais le Sabbat pour l'homme. » Il ajouta : « vous avez appris qu'il a été dit, mais moi je vous le dit. » Jésus est venu donc rendre toute chose nouvelle. Nous sommes ainsi invités à recevoir cette nouveauté de Jésus. Il est à noter aussi qu'à propos du vin nouveau, le Père nous a fait savoir que Jésus, en parlant du vin nouveau, n'encourage pas la consommation d'alcool, il n'a pas dans son portefeuille, des actions de viticulteurs du coin. En parlant du vin nouveau, Jésus parle de vie nouvelle, une vie remplit, dirigée par l'Esprit de Dieu. Outres nouvelles, hommes nouveaux et surtout, relations nouvelles, attitudes nouvelles les uns envers les autres : plus de compréhension et moins de jugement, plus de grâce et moins de légalisme etc.

Dans l'après-midi, le thème est intitulé : Sur ta parole, je bâtirai ma maison. Dans la parabole de la maison bâtit sur le roc en Mathieu 7, 24 - 27, Jésus dit : « Ainsi tout homme qui entend les paroles que je viens de dire et les met en pratique, peut être comparé à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. » Il est clair que dans son enseignement, le Père Alain nous faisait comprendre que le roc, c'est la parole de Dieu, et la parole, c'est le Christ, la maison, c'est notre vie, notre foi, que le Christ nous invite à bâtir sur lui. Chers frères, en ce sens, il nous a été demandé de nous questionner sur notre relation personnelle avec le Christ. Quel est le lien entre le Christ et ma personne ? Est-ce que mon oui à l'appel de Dieu est solide et sincère comme celui de Marie, mère du Christ ? Le Père nous a invité à bâtir notre vie communautaire sur le Christ qui est la force de l'union et la source jaillissante de l'Amour. Aussi, a- t-il dit que c'est pour bien fonder sa vie qu'il y a plusieurs étapes dans la formation des missionnaires d'Afrique, afin de bien murir sa réflexion, en vue de l'adhésion authentique à la communauté. Chers frères, souvenons-nous de la pierre angulaire qu'ont rejetée les bâtisseurs et qui est devenue la principale et construisons notre communauté sur le Christ, le roc.

Le mardi dans la matinée, le père Alain nous a développé le thème suivant : une compassion débordante ; le père miséricordieux.

Plusieurs commentaires que l'on peut en faire, le père développa la parabole de l'enfant prodigue sous son aspect de rétribution. Connaissant bien cette parabole du père miséricordieux, nous pouvons directement aborder les points essentiels à notre leçon. Après le partage des biens de ce père entre ses fils, selon la loi juive, le fils le plus jeune alla gaspiller sa part. Le père Alain disait dans son enseignement ce qui suit : « il semble juste et équitable d'imaginer que le plus jeune fils, s'il retourne à la maison, ne pourra plus prétendre à quoi que ce soit vis à vis de son père et de son frère. » Mais lorsque le fils s'est reconnu coupable et a décidé de revenir vers son père pour demander pardon, il a été surpris par la compassion de son père qui, le voyant de loin, couru, se jeta à son cou et ordonna qu'on lui porte de beau vêtement, un anneau au doigt, et des sandales aux pieds. Chers frères en Christ, comme le disait le père Alain, nous sommes invités à imiter ce fils dans la reconnaissance de nos fautes pour demander pardon. Aussi, ce père passionné, nous disait-il, est le Dieu notre père qui est prêt à tout moment à nous recevoir, que nous ayons l'attitude du jeune fils ou de l'aîné qui est habité par la jalousie. Notre Dieu ajouta le Père Alain, est un Dieu d'Amour dont nous ne devons pas avoir peur. Il est non seulement proche de nous, mais il est en nous. Nous sommes donc invités de faire preuve de sa présence en nous, par nos gestes d'amour, du pardon, etc. Pour finir, nous pouvons aussi nous rappeler la signification des sandales dans cette parabole. Le père Alain expliqua en ces termes : « dans le livre de Ruth au chapitre 4, 7, on explique qu'en Israël, quand il y avait une dette à régler, on échangeait les sandales ... En lui mettant une paire de sandale au pied, le père signifie qu'il n'y a plus de dette entre eux ... C'est fini ... »  le Père nous a aussi donné l'exemple de l'icône de la congrégation de Notre Dame de perpétuel Secours, où le petit Jésus perd sa sandale. En réalité, il ne la perd pas. Plutôt, il la donne pour effacer nos dettes et nous apporter le salut.

Dans la soirée, a lieu la célébration pénitentielle. Le thème fut : « je suis le cep et vous les sarments » Mt 15, 5. Dans sa brève homélie, le Père Alain a mis l'accent sur la vraie vigne, les sarments et le vigneron. La vigne c'est le Christ Jésus : « moi je suis la vigne et vous, les sarment. Celui qui demeure en moi et moi en lui, celui-la donne beaucoup de fruit » Jn 15, 5. Oui chers frères, il nous a été dit que les sarments se nourrissent à partir de la vigne qui aussi tire sa sève de ses racines. Les sarments ne peuvent pas vivre sans se greffer sur la vigne. C'est ainsi qu'il en est pour nous chrétien. Notre vie ne peut porter de bon fruit qu'en étant greffée sur le Christ. C'est par là seulement que le vigneron, Dieu notre Père nous émondera afin que nous portions davantage du fruit. Il nous a été demandé dans notre examen de conscience, de voir ce qui nous empêche de porter les fruits de l'Esprit Saint. Reconnaissant notre faiblesse, nous avons eu part au sacrement de réconciliation et au rite de purification par l'eau bénite en mémoire de notre baptême.

Le mercredi matin, notre causerie est portée sur la parabole du figuier : figuier desséché ... croix portant du fruit. Le père Alain nous expliquait ce qui suit : « dans la Bible, le figuier symbolise la fertilité, et l'abondance à côté de l'olivier et de la vigne dans laquelle il est généralement planté. Le figuier ici est à concevoir sous un aspect spirituel. En effet, disait le père ; « se reposer à l'ombre d'un figuier, c'est à la fois goûter la paix et méditer.» Par ailleurs, « c'est sous un figuier que Bouddha a reçu l'illumination ». Si Jésus parle de figuier, il fait allusion à la vie spirituelle, la vie de prière. Le figuier donne non seulement de l'ombre pour y prier, mais aussi de bon fruit délicieux. C'est le fruit de la prière. Jésus en colère contre le figuier sans fruit, traduit selon l'enseignement du père Alain, « l'incapacité d'une partie de son peuple à produire de bon fruit.» En outre, ajouta-t-il que la croix de Jésus n'est plus de simple bois, mais ce bois qui porte du fruit pour le salut de l'humanité. Un théologien appréciant la croix de Jésus disait que la croix est le seul endroit où on peut rester tranquillement, rester à l'ombre de la croix. Chers frères, nous avons à cet effet passé notre journée sous la croix. Commencé par un magnifique chemin de croix écrit par quinze jeunes âgés de 16 à 27 ans, nous avions ensuite abordé le rite de l'ensevelissement. Au courant de cette cérémonie, nous avons vénéré la sainte croix qui nous a apporté le salut. Des prières personnelles accompagnées de la passion du Christ selon St Jean, chantée par les Moines de Keur Moussa au Sénégal. Le père Alain a partagé avec nous sur l'Evangile selon St Mt, l'humilité du Christ, sa soumission, son abaissement, l'acceptation de sa condition humaine, jusqu'à accepter la mort des brigands (mort sur la croix), pour notre salut. C'était en vérité une journée bien remplie, permettant notre élévation vers le père céleste et comblée de grâce que nous pouvons appeler, journée spirituelle. Chers frères, l'écriture nous le dit « la gloire de Dieu, c'est que vous portiez du fruit, et que vous le portiez en abondance.» A chacun de témoigner ses grâces reçues.

Le jeudi matin, le thème a porté sur Lazare ou « Dieu aide ». Il nourrit tous ceux qui ont faim ! La parabole du riche et pauvre Lazare, Luc 16, 19 — 31. Cette parabole de Jésus, nous disait le père, serait inspirée de l'histoire du riche publicain Bar' Maj et du pauvre scribe, qu'on trouve dans le Talmud. Il semble sans doute que Jésus connaissait cette histoire car, en a utilisé la conclusion dans sa parabole. Oui, bien aimés du Seigneur, connaissant tous bien la parabole du riche et de Lazare, le père Alain nous a proposé ce qui suit dans Luc 14, 12 - 14 « quand tu donnes un déjeuner ou un diner, n'invite pas tes amis ni tes frères, ni tes parents ni de riche voisin, sinon eux aussi t'inviteront en retour et cela te sera rendu. Au contraire, quand tu donnes un festin, invites des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles, et tu seras heureux ; parce qu'ils n'ont de quoi te rendre ; en effet, cela te sera rendu à la résurrection des justes. » Dans son commentaire, le Père Alain disait : « Jésus donc nous dit qu'il ne faut pas choisir ses invités parmi les parents et les amis, mais parmi les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles. L'outrance même du propos nous oblige à regarder plus haut. C'est évidemment avant tout un état d'esprit qui est requis ici et qui doit imprégner toutes nos actions : tout faire en vue du royaume. La remarque de Jésus au sujet des invitations qui ne vont pas plus loin que le conventionnel et l'égoïsme de clan, pourrait symboliser par un cercle : on invite, on est invité... ; le cercle est fermé. Il aurait pu dire ici ce qu'il a dit dans le Sermon sur la montagne : « Les païens n'en font-ils pas autant ? » En outre, il nous a invités à être sensibles au besoin de nos frères, à porter secours à ceux qui ont besoin de nous, bref, à être disponible à accueillir. Vous nous avez mon Père, donné l'exemple de la soeur fondatrice de la communauté de Mère Theresa. Celle qui sensible et passionnée par cette voix entendu lors de sa retraite « j'ai soif » a dû quitter sa communauté pour fonder la sienne, et prenant soin des malades et des personnes en situation de précarité. Il en est de même pour le père Damien dont parlait le film dans la soirée. Le père Damien, prêtre de Jésus Christ, sensible et passionné par les lépreux délaissés et abandonnés, s'est mis volontiers à leur service et a fini sa vie comme lépreux lui-même.

Dans la soirée, notre thème est le suivant : l'humilité de l'obéissant : la parabole des deux fils. Jésus enseignait : « un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : "mon enfant, va travailler aujourd'hui à la vigne." Celui — ci répondit : "je ne veux pas". Mais ensuite, s'étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit :" Oui Seigneur !" Et il n'y alla pas. Le père Alain commente : «La parabole des deux fils met l'accent non plus sur le père (comme dans la parabole de l'enfant prodigue), mais sur les fils. On ne souligne pas l'attitude de Dieu, puisque le père ne réagit pas à la vraie disponibilité de l'un et à la fausse obéissance de l'autre. Les chefs des prêtres et les anciens, à qui s'adresse la parole sont comme le deuxième fils. Ils disent être obéissants, ils appellent le père « Seigneur », mais ils ne font pas ce que le père demande. Ils se considèrent justes, mais ils ne le sont pas. Ils ont interdit l'accès du temple aux païens et ils en ont fait « repaire de brigands » : leur péché sera bientôt dévoilé (MT 21, 12-17) : Jésus chasse les vendeurs et les changeurs d'ardgent du temple.

Par ailleurs, le père nous a souligné la liberté de choix. Nous sommes libres de choisir, mais quoi choisir ? Nous pouvons à cet effet imiter notre frère et Seigneur Jésus Christ dans son choix d'humilité et d'obéissance à son Père et notre Père. L'apôtre Paul dira de lui : « lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de se revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même prenant la condition du serviteur. Et pour finir, le père a abordé la question de responsabilité en disant : « une originalité du prophète Ezéchiel, tout à fait typique de la prophétie sur la nouvelle alliance, est son insistance sur la responsabilité individuelle. Chacun est libre et responsable de sa conduite. Il est faux de dire : les pères ont mangé les raisins verts et les dents des fils ont été agacées (Ezéchiel 18, 2). Nous appartenons à une communauté humaine, mais c'est chacun qui est responsable devant le jugement du Seigneur, quel que soient les péchés de ses ancêtres. Aussi, a t- il ajouté l'accompagnement spirituel fait partie intégrante de notre formation.

Chers frères bien aînés, nous avons terminé notre retraite avec le thème je cite : « la tenue liturgique de Jésus : le tablier. La parabole sur la vigilance (Luc, 35 - 38.) Dans son introduction, le père Alain disait :    « quand certains se demandent : quel était la tenue liturgique de Jésus ? La parabole du veilleur répond :  « rester en tenue de travail et gardez vos lampes allumées. Et soyez comme des gens qui attendent leur maitre à son retour des noces, afin de lui ouvrir, dès qu'il arrivera et frappera. » Il commente ainsi : « on attend le retour du maitre. La porte est fermée. Le premier concerné chronologiquement, c'est le portier, ici on dirait le gardien. Ce qu'on demande avant tout à un gardien (s'il ne dort pas !!!), c'est d'écouter de manière, à entendre la main qui frappera la porte, c'est sa façon d'être en tenue de travail et d'avoir sa lampe allumée. Pour mieux percevoir ce bruit qui sera peut-être léger, il guette les pas sur la route. Ce qui caractérise l'écoute, c'est qu'elle se situe toujours dans le moment présent. » Les serviteurs sont en tenue de service, ce qui est tout à fait normale. Mais Jésus éprouvera le contraire en disant d'avance : « En vérité, je vous le déclare, il (le maitre) prendra la tenue de travail, les fera mettre à table, et passera pour les servir.» Jésus ici, disait le Père, bouleverse les usages de son temps comme ceux de tous les temps. Or, les apôtres attendaient un Messie semblable à tous les rois de la terre, et ils se voyaient déjà associés à sa royauté, se faisant servir plutôt que servant les autres. Cette déclaration solennelle a dû leur faire présager l'effondrement d'un beau rêve, ou de ce qui leur semblait tel. Le Christ commence à leur apprendre ce qui constitue peut-être l'une des plus grandes nouveautés apportées par le christianisme : dans le royaume qu'il prêche, et qu'il fonde, les maitres sont des serviteurs. C'est ainsi que chers chrétiens, nous sommes invités à nous mettre au service des autres, car « vouloir être servi sans servir à son tour, n'est pas même une route à sens unique, c'est une voie sans issue. Aussi, gardons nos lampes allumées, soyons des chrétiens lumières pour manifester au monde, le visage de Dieu. « Vous êtes la lumière du monde » dit Jésus en Mt 5, 14. Demandons la grâce de Maman Marie, cette femme de silence et d'humilité, soumise à la volonté de Dieu.

En ce sixième après - midi, le thème de clôture était « Prévoyez votre huile ! D'autres attendent à la porte !

La retraite s'achève. Allons-nous repartir les mains vides ? Avons-nous fait provision d'huile pour aller à la rencontre de l'époux. A la fin de cette retraite et devant ce thème, voici donc les questions essentielles que le père Alain nous a amené à nous poser. Mais d'abord, à quoi servait l'huile ? L'huile au temps de Jésus, avait différents usages qui peuvent tous prendre un sens symbolique, et si l'on en possédait beaucoup parce que la récolte d'olives avait été abondante, elle témoigne de la bénédiction divine. D'abord, évidemment, elle était un aliment. On l'utilisait pour soigner les plaies, nous l'avons vu dans la parabole du bon samaritain. C'était également un produit de beauté, on s'en maquillait le visage pour le rendre brillant. Enfin, elle était source de lumière par l'intermédiaire de la flamme de lampe, comme c'est le cas dans cette parabole. 

Tous ces sens symboliques et bien d'autres encore, peuvent rejoindre notre vie spirituelle. L'huile symbolise donc tout l'ensemble de la vie chrétienne, qui est une attente prévoyante du Christ remplie du désir d'entrer avec lui dans la salle des noces. En d'autres termes, il faut préparer tout ce qui sera nécessaire pour traverser la frontière séparant le temps de l'éternité. En outre, l'arrivée de l'époux tard dans la nuit ne fait que révéler une séparation jusque - là dissimulée sous des actes de la vie courante : sortir avec sa lampe, s'assoupir et s'endormir, se réveiller dans la nuit, préparer de nouveau sa lampe... Le royaume des cieux apparait là comme une séparation. Dès lors, le royaume est présenté comme inaccompli, différé dans l'espace et dans le temps, repérable seulement par une porte qui sépare celle où l’on devrait être ensemble. Oui chers frères, nous l'avons entendu dans la parabole que les cinq jeunes filles avisées étaient rentrées et la porte fut fermée. Celles insensées sont restées à la porte des noces, porte du royaume. « Cette séparation n'est que pour un temps car le royaume n'est pas complet, tant que ceux et celles qui restent à la porte ne sont pas encore entrées dans la salle des noces » Bien aimés du Seigneur, nous ne sommes pas loin du royaume. Pour y rentrer enfin, nous dit l'Écriture « veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure. Le père Alain ajoute : « vous ne savez pas quand la porte s'ouvrira de nouveau, n'oubliez pas de prendre avec vous, votre réserve d'huile, mais surtout, restez dans l'attente, veillez dans la prière.»


Stéphane APLA
Ouagadougou le 1er février 2020 
Maison Lavigerie

lundi 2 mars 2020

29 Février au 07 Mars 2020


Bonsoir chers pères formateurs, chers frères étudiants.
L’équipe bienheureux Christian nous propose de méditer sur le thème suivant « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent.» Mt 5, 44. Dans ce verset, Jésus fait allusion à ce qu’on appelle la loi de « talion » où il a été dit « tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemis », et Moi je vous dis « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent.» Chers frères, le Seigneur nous invite par cette Parole à vivre à aimer non seulement en parole mais aussi en actes. Ensuite, chacun de nous, peut se poser les questions suivantes : est-ce-que je suis prêt à aimer ou à prier avec amour pour mes ennemis ? Est-ce-que nous acceptons aimer ceux qui nous haïssent ? Pas du tout, souvent il nous arrive d’aimer ceux qui nous aiment. Nous haïssons ceux qui nous persécutent. Pendant ce temps de Carême, notre effort consisterait à pardonner à nos frères qui nous font du mal, à l’exemple de Jésus. Demandons au Seigneur de nous donner la grâce dans notre vie afin que nous puissions aimer sans faire de distinction de nationalité, d’ethnies et de religion. Bon temps de Carême et bonne méditation à tous.

TOGO Samuel

dimanche 16 février 2020

L’éthique environnementale chez André Beauchamp.


Introduction


Dans le but d’améliorer ses conditions de vie, l’homme s’est depuis un certain temps acharné à l’exploitation de la nature. Par la recherche fondamentale et appliquée, il trouve des moyens pour exploiter la nature en vue de subvenir à ses besoins ou pour atteindre le but qu’il s’est fixé. C’est ainsi qu’il procède par des inventions scientifiques qui lui rendent la vie plus facile. Mais il est fort de remarquer que ces inventions sont mal mises en pratique et cela aboutit à la dégradation de la nature. Toute l’action de l’homme repose sur la nature. Celle-ci devient la cible privilégiée de l’homme qui la transforme, la déforme, l’agresse et la blesse à ses risques et périls. La nature sera par conséquent menacée et se dégradera de jour en jour, suite à l’exploitation excessive d’origine anthropologique qu’elle subit. Ces conséquences retombent sur l’homme lui-même. Ce phénomène nécessite des remèdes en vue de réaffirmer le bien être de l’homme. C’est ce qui a amené plusieurs philosophes à mener des réflexions écologiques. Parmi ces philosophes, on peut citer le Québécois André Beauchamp.

Né en 1938, André Beauchamp est théologien et environnementaliste, prêtre du diocèse de Montréal. Actif sur les questions écologiques depuis 1978, il a été secrétaire général du Ministère de l'environnement Québec. Il fut président du bureau d'audiences publiques sur l'environnement de 1983 à 1987 et consultant en environnement (Enviro-Sage, 1990-2005). Il a présidé la Commission sur la gestion de l'eau au Québec de 1999 à 2000 et a été le premier président de la Commission de l'éthique de la science et de la technologie de 2001 à 2005. On lui doit une bonne trentaine de publications des questions environnementales et en théologie, dont Introduction à l'éthique de l'environnement parus pour la première fois aux éditions Paulines en 1993, Gérer le risque, vaincre la peur aux éditions Bellarmin en 1996, De la Terre et des humains (l'Essentiel : 1996), Devant la création (Fides : 1997), Environnement et Eglise (Fides, 2008), Hymnes à la beauté du monde (Novalis, 2012), Regards critiques sur la consommation: Pour une conversion écologique(Novalis, 2012). 

Notre travail portera spécialement sur son ouvrage intitulé Introduction à l’éthique de l’environnement. Dans cet ouvrage André Beauchamp diagnostique les causes de la crise écologique que connaît le monde contemporain et propose des solutions éthiques pour remédier à cette crise. Notre travail consistera donc à présenter de manière synthétique l’essentiel du contenu dudit ouvrage.

I. La crise écologique

I.1. Les causes de la crise écologique


            Au premier chapitre de son ouvrage, André Beauchamp souligne les origines de la crise écologique que connaît le monde contemporain. En effet, on note une origine artificielle, issue de la révolution technologique qui a vu le jour au début du XIXème siècle et une origine naturelle issue des phénomènes naturels tels que les éruptions volcaniques, inondations, sécheresse, tremblement de terre, … Cette dernière origine a contribué à la disparition de plusieurs espèces animales sur le globe terrestre et a aussi engendré des changements climatiques qui affectent ainsi négativement les êtres humains. Mais les causes qui sont devenues alarmantes sont elles issues de la révolution technologique.

I.2. Les conséquences de la révolution industrielle


            En plus des conséquences issues des catastrophes naturelles, on note également des désastres issus de l’action anthropologique : la surpopulation, la surexploitation des terrains, les feux de brousse tardifs, les guerres, les troubles sociaux. Ces dernières peuvent conduire à la disparition d’une ville ou d’une civilisation entière. Ceci est le fruit de la révolution industrielle. Or selon notre auteur, cette révolution, dès son origine, n’avait pas pour finalité de troubler les rapports de l’être humain avec la nature, mais plutôt le point de départ d’un nouvel état d’esprit qui était supposé améliorer la condition de l’homme. Beauchamp (1993) l’affirme en ces termes : 
Cette révolution a pris sa source dans un essor rapide et presque anomique de la science et de la technique qui ont rendu possible l’explosion de la population et la consommation de masse. Or, à l’analyse, cette révolution industrielle n’a pas pris racine seulement dans les découvertes et des connaissances nouvelles. Elle a originé d’un nouvel état d’esprit. Elle a eu comme condition un bouleversement profond de la manière de penser et d’exprimer le rapport de l’être humain à la nature. (p. 26).
De nos jours, la nature est malmenée suite à la révolution industrielle. Les espoirs escomptés de cette révolution se sont transformés en une rupture des relations de l’homme avec la nature. Ainsi, la considération de la nature dans les époques précédentes est désaltérée. La nature a perdu sa valeur. C’est à juste titre que Beauchamp (1993) affirme que « la nature, autrefois représentée comme une déesse généreuse qu’on vénérait, devient une femme que l’on viole et domine, ou encore une femme qui se dénude et se livre à la science. » (p. 28). Sur la question de la désaltération de la nature, les avis sont partagés. Hans Jonas (1995) par exemple a démontré que toute l’action de l’homme repose sur la nature et cela conduit à sa vulnérabilité. Or, bien avant le siècle des Lumières, dans l’Antiquité et au Moyen-âge par exemple, « les interventions de l’homme dans la nature, tel que lui-même les voyait, étaient essentiellement de nature superficielles et sans pouvoir d’en perturber l’équilibre. » (p. 24). Il faut donc observer une transformation de l'agir humain suite au progrès technologique. Edmund Husserl (1976) pour sa part, montre que la science qui, au départ était destinée à l’amélioration des moyens de production, est devenue une source d’hostilité. Ainsi affirme-t-il : « de simple science de fait forme une simple humanité de fait. [La science] est devenue peu à peu dans les jeunes générations une sorte de sentiment d’hostilités. » (p. 10). Pour Francis Fukuyama (2002), le monde perd son originalité suite au phénomène de la révolution scientifique. Le monde vital est perverti par l’action humaine. De ce fait, il affirme qu’« il y a autant de distance entre deux catégories consécutives qu’entre l’homme et l’animal. Leur monde est devenu « non-naturel » au sens le plus profond que l’on puisse imagine, puisque la nature humaine a été altérée. » (p. 23). Le Pape François (2015) dira de ce phénomène que « la terre, notre maison commune, semble se transformer toujours davantage en un immense dépotoir. » (p. 26). La pollution de l’air et des océans sont les conséquences néfastes de l’agir humain. Les gaz à effet de serre dégagés par les moyens de transport entrent dans l’atmosphère puis se mêlent à l’oxygène qui constitue l’air vital et deviennent un danger pour l’organisme. Ainsi, étant donné que l’agir humain s’est transformé, il importe aussi un changement de la réflexion et de la moralité.

II. Bref historique de la réflexion écologiste


II.1. Descartes et Bacon


André Beauchamp poursuit son ouvrage avec une histoire de la pensée écologique. Il nomme à cet effet René Descartes et Francis Bacon qu’il considère comme unes des figures emblématiques et fondatrices de la pensée écologique moderne. En effet, la pensée baconienne soulignait les limites de l’intelligence humaine face à l’évolution scientifique. Il fallait en plus de l’intelligence humaine une méthode pour pouvoir parvenir à la maîtrise des découvertes scientifiques. A ce propos, «  en formulant une méthode scientifique et en faisant de la science le moyen d’une mainmise efficace sur la nature, Francis Bacon ouvrait une des portes qui conduisent à la modernité. » (Beauchamp A., 1993, p. 30). René Descartes pour sa part, établissait le rapport de l’homme avec la nature et montrait par là la domination de l’homme sur la nature. D’où son célèbre affirmation « la science rendra l’homme comme maître et possesseur de la nature » (Descartes, R., 1956, p. 66). Ainsi, Descartes et Bacon, « l’un et l’autre, par des chemins différents, ont justifié et instauré un rapport utilitaire au monde extérieur, à la nature, à l’animal. Ils ont exalté la puissance humaine. » (Beauchamp, 1993, p. 31). Ces deux figures marquent la sortie triomphante du monde des ténèbres du moyen-âge. Cette sortie du moyen-âge donnera naissance à d’autres courants de pensée sur le plan théologique, philosophique et éthique. De ce fait, l’on pourra trouver des thèmes comme : « les mouvements de droits en particulier les droits des animaux, la question de la valeur intrinsèque de la nature, le bio-centrisme, l’éco-féminisme, la liberté de la nature. » (Beauchamp, 1993, p. 33). 

Ces mouvements avaient pour objectif d’assainir les rapports de l’homme avec la nature, de réaffirmer les droits et la liberté de tout un chacun : le droit et la liberté des animaux, les droit et la liberté de l’environnement et de l’homme lui-même. L’homme entretient des rapports indissociables avec la nature en ce sens, non seulement qu’il vit dans la nature, mais aussi qu’il vit de la nature. De ce point de vue Beauchamp (1993) estime que « le rapport de l’un à l’autre est dialectique et aucun des deux ne peut ni ne doit être sacrifié. » (p. 41). La naissance de ces courants constitue le point de départ des réflexions sur les problèmes écologiques qui minent le monde contemporain à en croire notre auteur.

II.2. Solutions éthique aux problèmes écologiques


La crise écologique sera-t-elle résolue dans sa totalité ? C’est cette problématique qui préoccupe notre auteur à partir du troisième chapitre de son ouvrage. En effet selon Beauchamp (1993), « nous ne réglerons jamais la crise écologique. [Car] il ne s’agit pas d’une crise passagère que nous pouvions résoudre en deux générations, le temps d’un ajustement technique et industriel. » (p. 55). On comprend à partir de cette thèse de l’auteur qu’il est quasiment impossible d’éradiquer la crise écologique en totalité d’autant plus que la révolution technologique a envahi le monde et est en perpétuelle évolution. L’homme d’aujourd’hui a tout à sa disposition et continue d’innover dans l’intention d’assurer toujours sa survie. L’évolution technologique est devenue inhérente à la nature humaine. Et c’est justement cette capacité d’innover qui entraine et augmente la crise écologique. Cette situation doit nous conduire à une question fondamentale : « celle de notre responsabilité personnelle et collective. » (p. 53). 

L’éthique, en tant qu’un ensemble de principes de bonnes conduites s’est souciée très peu des questions écologiques. On rencontre des lois ou des règles morales portant sur les relations de l’homme avec ses semblables et avec Dieu comme nous pouvons le constater dans le décalogue attribué à Moïse. Ce décalogue ou « les tables de la loi » ne prennent pas en compte les relations de l’homme avec la nature selon notre auteur. Cela exclut donc la responsabilité de l’homme envers la nature entendue comme milieu de vie ; celle-ci ne se présentait pas à l’homme comme objet de responsabilité, mais plutôt comme un moyen pour satisfaire ses besoins. Pour ce faire, Beauchamp (1993) estime qu’ « il faut certainement conférer des droits à la nature et élargir notre considération morale. En ce sens, nous devons élaborer une troisième table qui détermine nos devoirs à l’égard de la nature. » (p. 54). Ainsi, l’éthique de la troisième table doit avoir un caractère anthropocentrique, une éthique qui doit s’intéresser à la culture, celle-ci étant le moyen par lequel l’homme parvient à maîtriser la nature. De ce point de vue, « une éthique globale de l’environnement cherchera à maintenir le lien dynamique entre la nature et la culture, entre l’être humain et le milieu écologique. » (p. 55). Ce rapport est un rapport dialectique c’est-à-dire fait de contradictions. 

La troisième table de la loi que propose André Beauchamp (1993) comporte six commandements fondamentaux susceptibles de réduire la crise écologique et ce, invitant ainsi à la responsabilité collective et individuelle. Ainsi on a :

1- Tu développeras une conscience vive de ton appartenance à la terre et des liens étroits qui existent et doivent être entretenus entre l’espèce humaine et l’écosystème, en particulier à l’égard des espèces vivantes ; 2- tu seras responsable de la sauvegarde des espèces vivantes. En cas de conflits entre le bien de ton espèce et le bien des autres espèces, tu seras guidé par le bien des pauvres et non par l’ambition des riches ; 3- tu n’useras pas de cruauté envers les animaux ; 4- tu restreindras ta consommation ; 5- tu réduiras la production de tes déchets ; 6- tu seras responsable de la pollution de la société où tu vis. (pp. 66-85).

Au regard de cette troisième table, on remarque que selon Beauchamp, le défi éthique et la responsabilité consistent en la modération et en l’autorégulation de la consommation abusive. L’observation de ces commandements doit conduire au développement durable : l’écodéveloppement. En effet, l’écodéveloppement a été défini par la commission Brundtland[1] « comme un développement qui permet de répondre aux besoins du présent sans compromettre la possibilité pour les générations futures de satisfaire les leurs. » (p. 96). Le développement durable consiste donc, à en croire André Beauchamp (1993), en la satisfaction des besoins des générations présentes et ceux des générations futures. Ce projet doit à ce propos respecter les principes de justice et d’équité. La gestion de la terre doit être basée sur ces principes pour que tout le monde puisse en profiter, étant donné que la terre est un bien commun à tous les hommes. La terre est un bien mis à la disposition de l’homme pour son bien-être. Pour ce faire, tout ce qu’elle regorge doit être réparti équitablement. A cet effet, Beauchamp en bon fidèle catholique, se refaire à un des principes majeurs de la doctrine sociale de l’église catholique à savoir la destination universelle des biens. Selon ce principe, les biens de la terre sont destinés à tous les hommes sans distinction et doivent être partagés équitablement. Le concile Vatican II réaffirme honorablement ce principe en ces termes : « Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent équitablement affluer entre les mains de tous, selon les règles de justice, inséparables à la charité. […] .» Ce principe de la doctrine sociale de l’église est bien adapté pour l’écodéveloppement.

III. Approches critique de la pensée d’André Beauchamp


André Beauchamp a eu le mérite de nous exposer les causes, les conséquences de la crise écologique et les solutions éthiques à cette crise. C’est une problématique qui a préoccupé plusieurs philosophes contemporains dont le philosophe juif-allemand Hans Jonas (1995). Face à la crise écologique actuelle, Hans Jonas estime que nous sommes en danger permanent d’autodestruction, si rien n’est fait. De ce fait, il préconise une éthique de la responsabilité basée sur le principe de préservation ou de conservation et d’autolimitation. L’éthique de la responsabilité que préconise Hans Jonas (1995) est essentiellement une responsabilité qui a un regard tourné vers le futur. De ce fait, il suppose la constitution d’ « une science des prédictions hypothétiques, une futurologie comparative » (p. 65) susceptible de susciter une prise de conscience des conséquences de notre agir. La futurologie de Jonas consiste à prédire la portée à long terme de l’agir humain. Son éthique consiste en une prise de conscience des hommes dans leur agir en vue de la préservation de la nature, non seulement pour les générations présentes, mais aussi et surtout pour les futures générations, ce que préconise aussi André Beauchamp. C’est dans cette perspective que nous pouvons comprendre le titre qu’il donne à son ouvrage : Pour une éthique du futur. Il s’agit d’« une éthique d’aujourd’hui qui se soucie de l’avenir et entend le protéger pour nos descendants des conséquences de notre action présente » (Jonas H., 1998, p. 69) ; cette  éthique est une interpellation pour notre monde bouleversé par la mauvaise utilisation des techniques modernes. Le principe de la responsabilité que préconise Hans Jonas (1995) se résume en la maxime suivante : « agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la Permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre. [Ou encore] inclus dans ton choix actuel l’intégrité future de l’homme comme objet secondaire de ton vouloir. » (p. 40). Ce principe s’apparente à la troisième table de la loi proposée par André Beauchamp et peut se comprendre comme une interdiction à l'homme d'entreprendre toute action qui pourrait mettre en danger l'existence de l’homme sur terre et l’existence des générations futures. C'est pourquoi, avant d'utiliser une technique, l’homme devrait toujours s'assurer que toute éventualité apocalyptique soit exclue. Par cette prescription, Jonas exige une connaissance préalable à l'agir. Parmi les prévisions, il faut toujours accorder la préférence à la prévision pessimiste. C'est là l'humilité de la sagesse technologique selon le philosophe. Cependant, l’on peut se poser la question de savoir si l’instauration d’une troisième table de lois est assez suffisante pour éradiquer cette crise écologique.

D’une part, la problématique abordée par André Beauchamp dans son ouvrage n’est pas une problématique nouvelle. Elle a aussi préoccupé bien d’autres auteurs. En effet, dans son ouvrage intitulé La fin de l’homme publié en 2002, Francis Fukuyama s’intéresse spécialement aux conséquences de la révolution biotechnique. Il propose une solution assez radicale selon laquelle face aux conséquences de la biotechnique qui menacent le monde, « nous devons utiliser le pouvoir de l’État pour la réglementer […] afin que la technologie reste la servante de l’homme et ne devienne pas sa maîtresse. » (p. 29). Cela voudrait qu’en plus des lois instaurées, il faut utiliser la force de l’Etat pour se rassurer du respect de ces lois. Une chose est d’instaurer des lois mais une autre est de l’appliquer et de l’appliquer bien.

D’autre part, nous pouvons dire que le dialogue est aussi important quand il convient de réfléchir sur les problèmes environnementaux. C’est ce qui préoccupe le philosophe allemand Karl Otto-Apel dans son ouvrage intitulé Discussion et responsabilité publié en 1998. Dans cet ouvrage, Karl-Otto Appel (1998) souhaite ouvrir un dialogue entre l’éthique de la discussion et l’éthique de la responsabilité. (pp. 09-13). Ainsi, l’on peut se poser la question : dans quelle mesure le principe de modération et de l’autorégulation de la consommation abusive que préconise André Beauchamppourrait résoudre la crise actuelle sans mettre fin au progrès qui semble inhérent à la nature humaine ? Sur ce point, un dialogue entre Ethique et Sciences techniques s’avère nécessaire. La science semble aller trop loin et elle a besoin d’une véritable réflexion éthique. On aboutit ainsi à l’affirmation de François Rabelais (1992) selon laquelle « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (p. 32) pour signifier que la science doit être soumise à la moralité pour éviter le débordement. Une science ou mieux un progrès qui ne peut pas considérer la portée et les conséquences de ses actions est au service de la mort. Trouver un équilibre entre le progrès inhérent à la nature humaine et les nouveaux défis que posent les développements scientifiques : tel pourra être l’objet du dialogue entre l’éthique et les sciences techniques.

Conclusion


    Nous avons présenté de manière synthétique l’ouvrage intitulé Introduction à l’éthique environnementale  d’André Beauchamp. En effet, il ressort de notre présentation que selon André Beauchamp (1993) la crise écologique a des origines profondes et ce, dans l’histoire de l’humanité. Il affirme : « la crise actuelle de l’environnement ne peut être simplement appelée un échec. Je n’ai aucune nostalgie du pléistocène. […] La crise marque la limite d’une trop grande réussite. […] La crise de l’environnement est principalement une crise du développement. » (p. 207). Se référant à l’évolution de l’homme, Beauchamp (1993) estime que la crise environnementale prend ses sources du pléistocène : de l’apparition de l’Homme jusqu’à nos jours, l’époque où l’homme a eu l’idée d’améliorer sa condition de vie. De ce point de la crise ne devrait pas être considérée comme un échec du projet de l’homme, mais plutôt comme un excès, donc les limites d’un énorme succès. L’homme est parvenu à se procurer ce dont il a besoin jusqu’à dépasser les limites. Pour ce faire, les êtres humains doivent revoir les types de relations qui sont impliquées dans l’existence humaine : « la relation avec la nature ou le milieu naturel. Les relations avec les autres humains, soi-même d’abord et les autres. Les relations avec Dieu. » (p. 207). Ces trois types de relations nous permettront de considérer la nature comme objet de responsabilité en vue du bien-être de tous. Cela nous conduit à l’ « idée du contrat naturel » (p. 209) qui a en son sein les six commandements de la troisième table, fondatrice de l’éthique environnementale de Beauchamp. Pour y parvenir, les hommes doivent observer les principes de justice et d’équité dans la gestion de la terre. La troisième table qui prône la modération et l’autorégulation de la consommation abusive constitue la solution éthique que propose André Beauchamp dans la perspective de diminuer la crise écologique de notre monde actuel. Par ailleurs, Beauchamp (1993) soutient que « la fragilité de l’éthique est que chacun peut l’enfreindre. » (p. 211). Cependant, l’on est en droit de se demander : allons-nous regarder le monde s’effondrer à cause de la fragilité de l’éthique ? André Beauchamp ne dit rien à ce propos.

            C’est dans cette optique que nous avons évoqué des autres qui ont des avis concrets. Ainsi, selon Karl-Otto Apel, il faut instaurer un dialogue entre l’éthique de la responsabilité et l’éthique de la discussion afin que la morale soit au chœur de la mise en pratique des nouveautés de la science. Francis Fukuyama pour sa part estime qu’il faut utiliser le pouvoir de l’Etat pour s’assurer du respect des lois (les lois de la troisième table par exemple). 

En effet, il est important de prendre des mesures adéquates afin de pallier à la crise écologique de notre monde actuel. Pour ce faire, les lois instaurées doivent être suivies afin de s’assurer de leur mise en pratique par les hommes. De ce point de vue, la terre étant un bien commun, nous pouvons dire que l’hypothèse de l’Etat fort que propose Dieudonné Otékpo (2019) peut être appliquée dans le domaine de l’éthique environnementale. Car, « l’état fort est cet Etat dans lequel tout est régi par la loi et nul, même le chef de l’Etat, n’échappe au pouvoir de la loi. » (p. 200). Ce faisant, l’on peut s’attendre à un environnement sein et vivable.


Rédigé par Zachari Yao BONOU, 
Master 1 Philo (ISPSH-DB). 





[1] Brundtland est le nom de la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement (CMED). Cette commission doit son nom ̏ Brundtland ̋  de sa présidente norvégienne Gro Harlem Brundtland qui a présidé la commission en 1987.

vendredi 14 février 2020

A mon Dieu d’Amour

Que c’est beau d’être à tes côtés Jésus, 
Que c’est beau de goûter à ton amour, 
Que c’est beau de te sentir, 
Que c’est beau d’écouter ta voix si douce, 

Que c’est merveilleux de te connaitre, car tu es amour inconditionnel,
Que c’est merveilleux de te donner notre cœur, car tu le transformes en offrande digne de toi,
Que c’est merveilleux de te donner de notre temps car tu le transformes en joie,
Que c’est bien que tu sois mon Dieu car tu es le plus merveilleux,

Le Dieu le plus simple, 
Le Dieu le plus compréhensif, 
Le Dieu le plus soucieux de sa créature, 

Que ta volonté soit la mienne, 
Que ton amour soit le mien, 
Que ta pauvreté soit la mienne, 
Que ta richesse soit la mienne, 
Que ta souffrance soit la mienne,
Et me protéger. 

Béni sois-tu Seigneur mon Dieu,
Loué sois-tu Père éternel,
Honneur à toi Jésus crucifié et vivant
Louange à toi Esprit de Dieu
À toi la gloire Sainte Trinité pour les siècles sans fin. Amen !


Ambroise KASSOGUÉ

mercredi 12 février 2020

Méditation de la semaine 7 au 15 Février 2020

« Voici  je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. » (AP3,20)

Très chers frères en Christ bonsoir. En cette sixième semaine du temps ordinaire, l’équipe bienheureux Charles nous invite à méditer sur un extrait de l’Evangile de Saint Marc au chapitre 7, verset 35… Effata, ouvre-toi. Par le truchement de Saint Marc, Jésus nous invite à une ouverture de nos cœurs et de notre intelligence afin de prendre part à une nouvelle vie. En effet Jésus nous propose de nous libérer de tout ce qui nous enchaine et nous rend sourd à sa parole ; de tout ce qui nous empêche de jouir de son amour. A la suite du sourd guéri, il nous appelle à la conversion. Il est toujours près de nous pour nous aider à recevoir ses grâces, pour nous permettre de voir, nous libérer de notre surdité, à être guéri de toute sorte d’impureté. Par ailleurs, tout cela demande un effort particulier de notre part car Il se laisse toujours connaître, Il se donne toujours à nous. Il est donc nécessaire pour nous de nous laisser transformer, de prêter plus d’attentions à nos frères et sœurs avec lesquels nous vivons, que nous ne laissions pas les médias rendre notre existence virtuelle au détriment d’une vie communautaire authentique. Bien chers frères, profitons de cette présence gratuite de Dieu et ouvrons largement les portes de nos cœurs pour qu’il y entre et demeure avec nous. Demandons-lui de continuer de nous aider à nous laisser illuminer, à accepter de nous laisser habiter par la puissance de son esprit. « Que son amour soit sur nous comme notre espoir est en lui ». Bonne méditation à tous et à chacun.


Lucien BALMA

mardi 4 février 2020

Méditation de la semaine 02 Février au 08 Février

THEME DE LA SEMAINE : Aie confiance et tu verras les merveilles du seigneur.

Bien aimés chers frères et pères formateurs,  l’Equipe du bienheureux Christian nous propose comme thème : « Aie confiance et tu verras les merveilles du Seigneur. »Faire confiance à une personne, consiste à mettre tout son espoir et son amour en elle ; ainsi nous pouvons nous demander: Avons-nous confiance au seigneur ? Avons-nous la foi ? Reconnaissons-nous les merveilles du Seigneur ? Avons-nous mis notre espoir dans le Seigneur ? Si oui nous pouvons chanter avec le psalmiste « je mets mon espoir dans le seigneur je sus sûr de sa parole » (PS 129). Etant donné que nous sommes tous baptisés et devenus  apôtre après notre confirmation, je nous invite sincèrement à préserver notre Foi  dans le Christ en restant joyeux dans l’espérance, patients dans la détresse, persévérants dans la prière  afin d’échapper aux préjugés et aux fanatismes qui déchirent notre monde d’Aujourd’hui. Que le seigneur nous accompagne tout au long de notre cheminement  et que nous soyons confiants en sa parole.

Bonne et Fructueuse  méditation à tous !!!


Nestor Bloussou


lundi 3 février 2020

Le service de solidarité : un véritable apostolat.



Ici à la Maison Lavigerie, les étudiants, pour le bon fonctionnement de la maison, ont chacun une tâche à accomplir. Les uns s’occupent des animaux, du jardin tandis que les autres s’occupent du réfectoire, de la boutique et de la solidarité. Tiens tiens, la solidarité !!! C’est un service très important et très formateur qui demande beaucoup de compassion, d’abnégation, de patience et de don de soi. En effet, ce service se fait après le déjeuner, juste à l’heur de la sieste. Le service de solidarité consiste en trois étapes indissociables.

Dans un premier temps, il faut s’occuper de la personne à qui on a affaire. S’occuper de la personne en ce sens que nous devons lui donner à manger et à boire. Cette première étape est facile et toute personne de bon sens peut facilement remplir cette condition.

Ensuite, vient l’accueil, l’étape la plus importante. Accueillir une personne, c’est se comporter d’une certaine manière avec elle, lui donner de l’hospitalité, l’accepter affectivement. Dans le cadre de ce service, il faut souligner que l’accueil prend une autre tournure. Il consiste essentiellement en un long et véritable questionnement qui met non seulement le séminariste mal à l’aise, mais aussi la personne qu’il a en face de lui. On peut se demander toutefois pourquoi un tel questionnement ? Le questionnement dont il s’agit, dans le cadre du service de solidarité, est un questionnement allant dans un souci de vérification, de clarté, de précision et d’authenticité. Il a pour but de nous aider à prendre que la personne qui est en face de nous est une personne qui est vraiment, véritablement et réellement dans le besoin. C’est là, la véritable difficulté de ce service. Comment savoir que toutes les réponses de la personne sont toutes vraies ? Cette personne, est-elle sincère parce qu’elle présente une mine de lépreux couvert de plaies véritablement souffrant en répondant à vos questions ? Ses larmes, authentifient-elles la réalité de sa vie ? A quoi reconnaître le véritable nécessiteux, le pauvre par excellence qui a vraiment besoin d’un coup de main ? Même si la personne n’arrive pas à répondre à toutes les questions, nous ne la harcelons pas. Nous terminons l’étape de l’accueil en demandant clairement et de manière explicite à la personne de nous dire ce dont elle a véritablement et réellement besoin. Elle a la possibilité d’énumérer tout ce dont elle a besoin.

Après l’étape de l’accueil, puisque les séminaristes sont deux à écouter la personne et à lui poser des questions, et que le service de solidarité est assuré par un certain nombre de séminaristes (5 minimum), une concertation s’est suit. En effet, il s’agit essentiellement de voir entre nous séminaristes, sans la personne que nous avons accueillie, ce que nous pouvons faire pour elle. Là également, il y a une véritable subjectivité qui suscitera deux camps diamétralement opposés. Les uns voudront que nous donnons à la personne tout ce dont elle a besoin.  Pour les autres, donner à la personne tout ce dont elle a besoin, c’est l’encourager dans son état et l’inviter à revenir prochainement. Ils proposent alors que nous lui donnons la moitié ou les un tiers de ce dont elle a besoin. Vu qu’il y a deux points de vue opposés et que chaque camp voudrait bien que son idée soit adoptée, nous prenons alors plus d’une demie heure pour trouver un consensus. Toutefois, le dénouement est vite fait. Grâce à la réalité de la caisse et au faut que le service de solidarité se fait chaque jour, ce qui veut dire que nous recevons presque chaque jour des personnes, nous finissons par arriver à un commun accord, à un consensus. Ainsi repartons-nous vers la personne pour lui donner ce que nous pouvons lui donner et l’encourager. Nous n’oublions pas, toutefois, lorsque l’occasion se présente, de porter toutes ces personnes dans la prière.

Au regard du processus de déroulement de ce service, on peut dire qu’il est un véritable apostolat au même titre que les autres apostolats comme celui de la catéchèse, de la visite aux malades et de la proximité.


Serge SAWADOGO

samedi 25 janvier 2020

Méditation de la semaine 25 Janvier au 01 Février 2020



Bonsoir chers frères en Christ !!!

En cette troisième semaine du temps ordinaire de l'année A, l'équipe du bienheureux Alain nous propose comme thème « Tu es le Fils de Dieu. » (Marc 3,11.) Ceci est l'affirmation des démons qui se sont mis à genou en criant fort que Jésus est le fils de Dieu. En effet, Après le baptême de Jésus, il commence sa mission. C’est dans cette mission que les gens découvrent en lui sa nature de Fils de Dieu. Même les démons le proclament.

Alors, il revient à nous qui le suivons, à nous demander aussi quel regard avons-nous de Jésus? Quelle expérience avons-nous de lui ? Jean Baptiste le déclare l'agneau de Dieu ! (Jean 1,36).  Pour que Jésus soit notre sauveur, nous devons l'accepter et l'accueillir dans nos cœurs afin d'être transformer par sa parole, pour devenir des enfants de Dieu par Jésus lui-même.

Observons l'attitude de Jésus face à cette affirmation. Jésus, voyant les démons qui se prosternaient devant lui, les En interdit afin d’éviter de se glorifier et de donner une fausse image de son identité. Cela n'est pas un refus de ce qu'il est, mais un signe d'humilité totale. Comme le dit Saint-Paul dans son épitre aux philippiens : « le Christ Jésus, lui qui est de condition divine n'a pas revendiqué son droit d'être traité comme l'égal de Dieu. » (Ph 2, 6) Par cette humilité, Jésus laisse la liberté à tous les hommes de le découvrir par eux-mêmes.

Jésus ne se glorifie pas avec le pouvoir qu'il a. Cela nous rappelle du récit de la tentation, où Jésus résiste à toutes les tentations du Satan afin de rester fidèle à la volonté de son père. Epicure Nous enseigne de donner la priorité à ce qui est nécessaire! Nous devons vivre de la même manière que Jésus. Souvent notre orgueil nous pousse à nous montrer le plus fort. À l'exemple de Jésus, nous devons changer d'attitude, car, « quiconque s'élève sera abaisser, et celui qui s'abaisse sera élevé. »(Luc 14, 11).

Bonne et fructueuse semaine de méditation à tous !



Saliabè Thiery KONE

mardi 14 janvier 2020

Méditation de la semaine du 11 au 18 Janvier 2020


Bonsoir chers frères et formateurs.

« Je suis venus appeler non pas les justes, mais les pécheurs » tel est le thème que l’équipe du bienheureux Charles nous propose comme guide de notre méditation tout au long de cette semaine. En effet, en ce début du temps ordinaire, les textes liturgiques nous rappellent l’apostolat de Jésus sur la terre, qui est celui de d’être proche des pécheurs en vue de les convertir et de les faire participer à la vie de Dieu. Nous pouvons nous demander « qui est le juste ? et qui est le pécheur ? » Le juste n’est pas celui qui se croit juste, parce qu’il est fidèle au commandement de Dieu aux yeux des hommes, mais celui qui est sans reproche aux yeux de Dieu. Le pécheur est celui, d’humble condition, qui se reconnais imparfait devant Dieu et qui ne cesse d’implorer sa miséricorde. Celui qui se croit juste croit se suffire à lui-même. Celui qui se reconnait pécheur compte sur l’amour et la miséricorde de Dieu.
Ce passage nous invite à faire une introspection sur notre état de pécheur afin de reconnaitre que le Christ est venu pour nous. Il nous invite à sortir de notre état de pécheur, à abandonner nos mauvaises habitudes, à une profonde conversion du cœur afin de vivre en fils de Dieu.
Nous qui sommes en formation, nous pouvons nous nous demander, suite à une révision de vie, « qu’est qui nous retient dans le péché ? qu’est qui empêche de vivre en digne fils de Dieu ? quelles sont nos idoles qui nous retiennent dans l’ignorance de l’amour de Dieu ? » Les réponses à ces questions nous permettrons de nous débarrasser de ses attitudes afin de nous attacher davantage au christ. Comme l’adage populaire le dit « la charité bien ordonnée commence par soi-même », nous devons commencer par nous convertir véritablement avant d’espérerannoncer ce Christ venu pour nous appeler et appelé les autres à la conversion.
Dans notre formation à la vie missionnaire, nous sommes appelés à aller dans les plus profondes périphéries de la vie pour rencontrer les personnes qui ignorent ce message de conversion. Il s’agit pour nous d’élargir notre apostolat jusqu’aux personnes qui qui ne connaissent pas le Christ, afin de leur faire comprendre que le Christ est venu pour eux, et les appeler à la conversion pour qu’ensemble ils puissent vire dans ‘amour de Dieu.
 Sommes-nous prêts à nous détourner totalement de nos habitudes obscures pour vivre dans la lumière à laquelle le Christ nous appelle ?  A chacun de répondre intérieurement. Bonne et fructueuse semaine à tous et à chacun !!!!!


Joseph DOUYON

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