lundi 4 juillet 2022

AU REVOIR AUX PARTANTS. "PARTIR C'EST MOURIR UN PEU...."

 

MOT D’AU REVOIR POUR LES MEMBRES PARTANTS DE LA COMMUNAUTÉ 2021-2022

Ref : On dit que partir c’est mourir, partir c’est mourir un peu, mais s’en aller pour chercher Dieu c’est trouver la Vie (bis)

« Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux » Qo 3, 1. Oui, un temps pour se rencontrer, un temps pour vivre ensemble, et un temps pour se séparer. Bien chers frères, permettez-moi de prendre la parole, en ce soir si particulier, pour tout d’abord rendre grâce à Dieu notre Père, pour avoir permis que nous nous réunissions pour fêter et jubiler avec nos frères de la troisième année, que notre recteur appelle couramment « Les chefs du village ». Merci au Seigneur, d’avoir permis qu’on fasse connaissance, chers aînés dans la formation. En effet, voilà maintenant deux ans, pour certains, et un an, pour d’autres, que, venant d’horizons différents, nous nous sommes rencontrés ici même à la maison Lavigerie pour notre formation missionnaire. Oui, je me rappelle que le12 septembre 2020, à pareille heure, vous nous accueilliez dans la communauté (Je veux dire nous qui sommes en 2e année maintenant). Vous étiez au four et au moulin pour que notre cérémonie d’accueil soit belle. Et ce fut ainsi. Et dans notre mot de remerciement, nous vous disions : « Chers aînés, aidez-nous à nous intégrer davantage [dans la communauté] de par vos orientations et vos indications ». Chers frères bien-aimés, laissez-moi vous dire que notre demande a été exaucée. En effet, vous n’avez ménagé aucun effort pour nous guider jusqu’à ce que nous soyons aptes à nous tenir devant vous ce soir pour  nous adresser à vous. C’est le lieu pour nous de vous dire un sincère « merci » pour tout ce que vous avez fait et été pour nous. Nous vous en sommes très reconnaissants.

Chers chefs du village, nous avons vécu des moments inoubliables : Oui, des travaux manuels (mythe ou réalité) aux récréations communautaires, en passant par le deuxième lieu saint c’est-à-dire le réfectoire. Sans oublier les prières communautaires à la chapelle où les « Dans son champ à moissonner » se mélangent aux « Venez divin messie ! » et aux « Le Christ Jésus » ehhh; nous savons que la voix mélodieuse du grand ténor Martin et celle des basistes Séraphin et David vous manqueront. Mais, vous allez nous manquer, vous aussi. Oui, vous êtes riches en personnalité et nous retiendrons de vous beaucoup de souvenirs. Je pleure votre départ parce que vous n’allez plus manger la viande comme du pain et vos noms ne seront plus écrits sur le tableau de la maison blanche. En tout cas, sachez-le, nous sommes très contents de vous. Et vous comprenez, sans doute, plus que moi qu’après ces temps forts vécus ensemble, la séparation n’est pas facile. Mais, d’après le chant entonné au début : « Partir, c’est mourir un peu ; mais partir pour chercher Dieu, c’est trouver la vie ». Chers frères, comme on le dit, « l’arbre ne doit pas cacher la forêt ». Certes, la vie communautaire fut belle, mais elle n’a pas été toujours rose; et nous en sommes conscients. Nous saisissons donc de l’occasion pour vous demander pardon pour tous les manquements et imperfections de notre part. Car comme nous aimons le dire : « ce n’est pas facile ». Chers frères, rassurez-vous de nos prières ; n’oubliez pas de prier pour nous aussi. Continuez à être humbles pour la bonne suite de votre formation. Probablement, la peur de l’inconnu et des nouveaux défis vous habitent. Cependant, faites confiance au Seigneur et avancez au large. En attendant de rejoindre vos différentes maisons de Noviciat, nous souhaitons de passer de très bons moments de repos auprès de familles et de vos proches. Merci ! Bonnes vacances à tous ! À nous revoir !

Pour les deux Promotions, que l’anglais commence !!!

                                                                                       Richard Zerbo

 

lundi 27 juin 2022

Commentaire du thème de la semaine du 25 juin-02 juillet 2022

 

Thème de la semaine du 25 juin-02 juillet 2022

Frère, va annoncer à tous tes frères les merveilles de Dieu, ses merveilles pour toi.

Chers frères en Christ, loué soit Jésus ! Nous avons plusieurs raisons de commencer notre semaine par une action de grâce. En effet, il y’a de cela dix mois que nous vivons ensemble dans cette maison de formation dans le but de discerner cet appel commun que le Christ nous a tous adressé individuellement. Au cours de l’année académique, nous avons reçu une formation holistique. Nous avons appris à grandir humainement, spirituellement, intellectuellement, pastoralement, et communautairement…Ce qui est une grâce. Cependant, comme disait le Christ à ses disciples, « on n’allume pas une lampe pour la déposer sous un boisseau ». Pour dire ainsi que nous avons été formés pour être envoyés dans le monde comme messagers d’amour, de paix, de joie et d’espérance auprès des hommes de ce monde déchiré par la haine, le désespoir, la famine et la guerre. Dans ce sillage l’équipe du P. Anthero nous invite à méditer sur le thème qui suit tout au long de cette semaine : « Toi, vas annoncer le règne de Dieu. »

En effet, au cours de cette semaine, les textes nous présenteront l’appel de plusieurs personnages à suivre le seigneur. Ainsi,Jésus, au moment où sa mort s’approchait envoya des messagers vers Jérusalem pour annoncer sa venue. En cours de chemin, un homme lui dit : « Je te suivrai partout où tu iras. » A Jésus de répondre, « les renards ont des nids mais le fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête ». Mais à un autre invité par Jésus à le suivre qui demande le temps pour qu’il aille d’abord enterrer son père, il réplique de laisser les morts enterrer les morts. Quant à lui, il l’invite à aller annoncer le règne de Dieu. A l’exemple de ces hommes, le Christ nous invite nous aussi, ayant reçu des formations de qualités durant 3 ans pour certains, 2 ans ou 9 mois pour d’autres, à être des témoins du royaume de Dieu dans nos familles, au noviciat et par nos actes, et la prière. Certainement que nous avons déjà conçu un programme, comme ce jeune qui voudrait aller enterrer son père ou ce jeune qui voudrait aller présenter ses adieux à ses parents. Mais en tout, n’oublions jamais que nous sommes des disciples et nous ne sommes que cela. Restons alors fermes dans la prière pour cette mission en vue de l’annonce de la venue et de la construction du règne de Dieu. Demandons au seigneur de nous accorder les grâces nécessaires pour cette tâche et de ne jamais perdre de vue notre identité de serviteur ! Bonne mission et fructueuse méditation à chacun et à tous ! AMEN !

 

                                                                                                KANDAO Séraphin.

 

jeudi 23 juin 2022

LA NECESSITE DE POSSEDER LA SAGESSE

 

                              Quelle maladie pire que l’ignorance ?

Or son remède qui est la sagesse est assisse tout près de l’être Absolu (Dieu).

Supplions donc le Dieu de Bonté de nous l’envoyer par son Esprit Saint.

Ô SAGESSE ! Mon amante que j’ai tant désirée !

Ton absence à mes côtés me transforme en objet de ridicule en public.

Ô SAGESSE ! Ne me laisse pas gémir ainsi jours et nuits !

Mon Seigneur et mon Dieu, je commets de gaffes, justement parce que ta Lumière, ta Flamme qui éclaire toute chose en moi, me fait défaut.

Je peux beau vouloir aimer, pardonner, partager, mais s’il me manque cette sagesse, quels vains désirs qui ne seront jamais accomplis !

Pour ma jouissance et ma sociabilité, de grâce mon Dieu,

Illumine mon âme de cette sagesse et favorise mon évasion de cette si épaisse  caverne qui symbolise la prison de mon savoir.

Le plus grand Bien pour les Hommes de ce monde, est bien de posséder la SAGESSE.

OUI,  C’EST BIEN LA SAGESSE !

Car je suis, parce que je sais que je suis. Or s’il me manque cette sagesse comment saurai-je que je suis ?

                                                                       DABIRE Ignace

COMMENTAIRE DE THEME DE LA SEMAINE DU 18 AU 25 JUIN 2022

 

Thème : Je fais de toi un prophète pour les peuples (Jr 1, 4-10).

Chers frères en Christ bonsoir ! En vue de notre méditation de cette semaine, l’équipe du père Evariste nous propose le thème suivant : « je fais de toi un prophète pour les peuples » (Jr 1, 4-10).

Le choix d’un tel thème de méditation est pour nous motiver d’une part par notre état de séminariste. En effet, le Seigneur renouvelle son appel envers nous chaque jour à la manière de Jérémie. D’autre part, étant donné que nous sommes presque prêts à être envoyés auprès de nos familles, nos amis etc., nous croyons que le Seigneur nous appelle à être des témoins de l’espérance dans nos milieux de vies.  

Dans le livre de Jérémie, le Seigneur s’adresse à celui-ci en le choisissant comme son porte-parole auprès des peuples. Il répondit : « Hélas ! Seigneur Dieu, je ne sais pas parler, je suis trop jeune. » Mais le seigneur lui dit : « Ne dit pas : je suis trop jeune. N’aie pas peur des gens ; car je suis avec toi pour te délivrer ». En effet, notre baptême nous a faits Roi, Prêtre et Prophète. Comme à Jérémie, le Seigneur s’adresse encore aujourd’hui à nous qui avons entendu et écouté sa parole, en vue d’être des exemples pour nos frères et sœurs. Sommes-nous prêts à répondre à son appel ? Acceptons-nous de mettre nos insuffisances et imperfections entre les mains du Seigneur en lui faisant confiance ?

Frères, notre monde aujourd’hui a besoin de témoins intrépides, des missionnaires infatigables et des disciples fidèles. À l’exemple de Jérémie, le Christ nous appelle à être témoins dans notre monde qui a perdu l’espoir. Nous ne serons, certes, pas des prophètes de malheurs, mais des missionnaires de la foi, des apôtres de l’espoir et des prophètes de l’espérance. Le Christ nous appelle à être prophètes dans un monde où on a  presque perdu la foi en Dieu ; dans un univers où les prêtres sont rejetés et les prophètes ignorés. Dans notre communauté le Seigneur nous invite à être des prophètes de la paix, des apôtres de la réconciliation. Quelle réponse lui donnerons-nous ?

L’exemple de Jérémie doit nous réconforter, nous encourager sur les pas de Jésus. Même s’il nous arrive souvent des moments difficiles, mettons notre confiance au seigneur et ayons foi en lui. Jésus christ nous envoie annoncer la bonne nouvelle partout dans le monde, et il affirme : « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps ».

Tout au long de cette semaine, nous sommes invités à demander au Seigneur de faire de nous des prophètes et des messagers fidèles de sa bonne nouvelle. Qu’il nous donne la force d’être des missionnaires d’espérance et qu’il achève en nous ce qu’il a commencé.

Bonne méditation à tous !

 

                                                                    Simon-Pierre KONE

jeudi 16 juin 2022

THÈME : NOTRE PÈRE CÉLESTE SAIT CE DONT NOUS AVONS BESOIN ; CONFIANCE !

 

En cette onzième semaine du temps ordinaire, l’équipe du Père Emmanuel nous invite à orienter notre méditation sur le thème suivant : Notre Père céleste sait ce dont nous avons besoin ; confiance ! Les évangiles de cette semaine sont une suite du sermon sur la montagne. Jésus y enseigne ses disciples comment prier à travers la prière du Notre Père. Il les invite en effet à ne pas rabâcher quand ils prient car le Père sait déjà ce dont ils ont besoin avant même qu’ils le lui demandent.

Par ailleurs, dans un autre passage, Jésus invite ses disciples à ne pas se soucier de quoi que ce soit, car Dieu pourvoira. Prenant l’exemple des herbes des champs qui ne font rien et qui sont bien habillées ; et aussi les oiseaux qui ne sèment ni ne moissonnent et pourtant mangent à leur faim, Jésus nous invite seulement à avoir confiance en Dieu notre Père.

Chers frères et sœurs, nous aussi, dans le contexte actuel où nous vivons des situations difficiles, d’incertitude, de doute et d’inquiétude ; un contexte de terrorisme, de guerre, de violence, de maladies et autres fléaux, nous sommes quelquefois troublés, bouleversés. C’est au regard de tout cela que le Seigneur nous invite à avoir confiance en lui. Oui confiance, car son Père céleste sait tout ce dont nous avons besoin. Il sait que nous avons besoin de la paix. Oui il sait que nous avons besoin de la joie, de l’amour, du pain, de l’abri, de la santé, … Tout ce qu’il nous demande c’est la confiance

 Frères et sœurs, parfois c’est difficile, très difficile ! Mais n’oublions pas que c’est pour nous libérer de toutes ces angoisses que le Christ a accepté de souffrir et mourir sur la croix.

Alors, plus de crainte ni d’angoisse ! Faisons plutôt confiance au Seigneur car il sait tout, comprend tout et il viendra à notre secours. En toute confiance, laissons-nous guider par son Esprit-Saint !

Bonne méditation à tous !

ATOUKUI  Maurice

 

 

mardi 7 juin 2022

COMMENTAIRE DU THÈME DE LA SEMAINE DU 04 AU 11 JUIN 2022

            Thème: Laissons-nous conduire par l’Esprit Saint.

En s’inspirant des textes liturgiques de la semaine et du grand événement que nous célébrons dès ce soir (la Pentecôte), l’équipe du père Justin nous propose de méditer tout au long de cette semaine sur le thème suivant : laissons-nous conduire par l’Esprit Saint.

En effet, Jésus, avant de retourner vers le Père, a promis le Saint Esprit à ses disciples pour les enseigner. Cet Esprit que le Père envoie aujourd’hui  a une multiple mission dans notre vie chrétienne. L’Esprit Saint est défenseur, il est consolateur.  Il lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guérit ce qui est blessé, réchauffe ce qui est froid, assouplit ce qui est raide, rend droit ce qui est faussé et dissipe toute peur.  L’Esprit Saint sanctifie et purifie. L’Esprit Saint ouvre les cœurs fermés et redonne l’espoir et la confiance. C’est en lui que toute vie chrétienne s’enracine, se fortifie et porte du fruit. Dans cette même lancée, Saint Paul, dans sa lettre aux Romains, affirme avec une ferme confiance que l’Esprit est notre vie, il nous rend agréables à Dieu. Il fait de nous des enfants de Dieu.  Oui, nous sommes enfants de Dieu parce que nous agissons sous l’emprise de l’Esprit Saint. Saint Paul continue à nous exhorter à être sous l’emprise de ce même Esprit et non sous l’emprise de la chair. Car la tendance de la chair est source de conflit, de méchanceté, de jalousie, de vengeance et bien d’autres mauvais actes qui peuvent détruire toute une communauté, surtout une communauté comme la nôtre.  

Ce passage nous invite à reconnaître la dépendance  de la vie chrétienne de l’Esprit de Dieu. Cela signifie clairement que sans cet Esprit Saint il nous est impossible d’être agréables à Dieu. Sans l’Esprit, nous ne pouvons pas devenir fils de Dieu. Sans l’Esprit de Dieu, nous ne pouvons pas devenir disciples du Christ. Car refuser l’Esprit de Dieu, c’est se priver des autres grâces qui nous viennent de Dieu.

Chers frères, à cette occasion nous pouvons revoir les relations que nous entretenons avec l’Esprit Saint, tout en nous posant des questions essentielles telles que : suis-je disponible à écouter la voix de l’Esprit Saint ? Est-ce que l’Esprit Saint a une place dans mon cœur ? Dans quelle direction je me laisse conduire par l’Esprit Saint qui habite en moi ? A chacun de répondre à ces questions au cours de cette semaine.

                    Bonne et fructueuse méditation à tous et à chacun !

                                                                                                              DOUYON Joseph 

lundi 30 mai 2022

THEME DE LA SEMAINE DU 21 AU 29 MAI 2022

 

Thème de la semaine du 21 au 29 Mai 2022

            En cette sixième semaine du temps pascal, l’équipe du père Evariste nous invite à orienter notre méditation sur le thème suivant : L’Esprit Saint viendra et votre cœur se réjouira. En effet, ce thème est extrait de l’évangile de Saint Jean dans lequel Jésus annonce à ses disciples sa montée vers le Père. Cependant, cette séparation engendre la tristesse parmi les disciples.

Après avoir marché avec Jésus, cru en son pouvoir salvifique et rédempteur pendant plusieurs années, l’avènement de la passion et mort a d’abord bouleversé les disciples. Mais sa résurrection avait confirmé aux disciples qu’il est le Messie, l’envoyé et rédempteur du monde. Même Thomas l’incrédule l’avait reconnu et professé : mon Seigneur et mon Dieu. Après avoir partagé la joie, suscité la confiance, et redonné l’espoir aux disciples, Jésus annonce que sa mission terrestre est finie et il doit retourner chez son Père. Une nouvelle inquiétude renait ; l’incertitude semble s’installer ; le doute, la peur et l’angoisse saisissent une fois de plus les disciples. Mais pour Jésus, il n’y a pas à s’inquiéter : l’Esprit Saint viendra et notre cœur se réjouira. Voilà donc la promesse que Jésus nous fait, voilà le consolateur que nous attendons de la part du Christ.

Comme les disciples, nous sommes aussi confrontés aux dures épreuves du terrorisme occasionnant  des pertes de vie de nos frères, des déplacements,… dans notre contexte propre, la semaine commençante est l’une des plus angoissantes, stressantes et pénibles. C’est dans ce contexte que Jésus nous promet L’Esprit Saint. Il viendra pour être notre défenseur : c’est la certitude que Jésus nous donne. Au regard de tout ceci nous pourrons nous poser la question à savoir, comment suis-je en train de me préparer afin que quand viendra l’Esprit Saint mon cœur puisse se réjouir ? Tout au long de cette semaine, demandons à l’Esprit Saint de venir avec ses dons d’intelligence, de Sagesse et de Connaissance pour nous illuminer afin de nous préparer à construire un monde Joyeux, Paisible…

Chers frères fructueuse semaine de méditation à tous.

 

                                                                                                          SOGA Victor 1ère Année

dimanche 15 mai 2022

HOMELIE DU 5EME DIMANCHE DE PAQUES

Chaque dimanche, le Christ nous rassemble pour nous nourrir de sa parole et de son eucharistie. Tout à l’heure, à la fin de la prière eucharistique nous dirons ceci : Permets qu’avec les apôtres et tous les saints qui ont fait ta joie au long des âges, nous ayons part à la vie éternelle. 10 nouveaux saints seront canonisés ce matin à Rome. Parmi eux, le Père Charles de Foucauld qui a été très proche des missionnaires d’Afrique au Sahara. Il meurt assassiné en 1916 et plusieurs années plus tard vont naître de nombreuses communautés cherchant à vivre sa spiritualité. Il y a ici à Ouagadougou une communauté des petites sœurs de Jésus et notre cardinal archevêque Mgr Philippe Ouédraogo appartient à la communauté sacerdotale de Charles de Foucauld. Demandons par l’intercession des saints de toujours témoigner avec courage de notre foi et reconnaissons-nous pécheurs au début de cette Eucharistie. 

__________

Reprenons la dernière phrase de Jésus que l’on vient d’entendre : « Je vous donne un commandement nouveau, c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. »

L’Amour peut-il faire l’objet d’un commandement ? Beau sujet pour une épreuve de philosophie au bac. Cependant, comme Jésus est notre maître sans être professeur, il n'attend pas de nous une dissertation mais une conversion. « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. » On peut entendre ce « comme » de deux façons. Il peut être le synonyme de « puisque je vous ai aimés »: le cœur de Jésus est la source de l'amour qui irrigue la communauté des disciples. Pourrais-je m'émerveiller d'être aimé par le Christ sans aimer à mon tour ceux qu'il me donne pour frères et sœurs ? « Comme je vous ai aimés » peut aussi vouloir dire « à la manière dont je vous ai aimés », c'est-à-dire jusqu'au bout, jusqu'au don de soi.

Or quel disciple, si fervent soit-il, se sentirait capable d'imiter l'amour du Christ pour l'humanité, amour qui l'a conduit jusqu'à la croix? Le Père de Foucauld dont je parlais à l’entrée avait cousu un cœur surmonté d’une croix, sur son vêtement. C’était une manière de traduire son attachement au Christ qui nous a donné la plus belle preuve d’amour sur la croix.

Dans l’encyclique du pape  Benoît XVI, en 2005, «  Deus caritas est », on lit un passage fort intéressant. Le pape dit qu’en grec, il y a beaucoup de verbes pour dire aimer. En français, nous sommes un peu pauvres, nous n’en avons qu’un seul. Je dirai aussi bien j’aime mon épouse et que j’aime la salade !!!

En anglais, nous avons deux verbes : love and like, c’est déjà mieux et en grec plusieurs selon qu’il s’agit d’amour d’amitié (phileo en grec : vous connaissez la ville de Philadelphie aux États-Unis… littéralement la ville de la fraternité où l’on s’aime comme des frères). On peut aussi s’aimer d’amour entre frères et sœurs dans la famille, d’amour pour sa patrie, d’amour dans le couple, d’amour de camaraderie et d’autres encore, chaque fois, un verbe différent. Enfin, toujours en grec, il y a l’amour qui ne retient rien, l’amour parfait, l’agapè. C’est l’amour dont Jésus nous a aimés. C’était si bien compris par les premiers chrétiens que lorsqu’ils célébraient l’eucharistie, il disait : nous célébrons l’agapè. C’est le verbe que Jésus emploiera au bord du lac, quand il rencontre Pierre après la résurrection : Pierre m’aimes-tu ? En clair : m’aimes-tu d’un amour d’agapè qui se donne complètement, qui ne retient rien pour lui. La troisième fois, il changera de verbe pour adoucir la question, m’aimes-tu d’un amour d’amitié… suis-je désormais ton ami ?

Ne baissons pas les bras. Le commandement de l'amour fraternel est un chemin où nous marchons pas à pas, jour après jour. Jésus ne veut ni nous coincer ni nous prendre en défaut.

Son commandement pourrait-il être écrasant alors qu'il a dit: «Mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger» (Mt 11, 30)? Plus nous progressons dans l'intimité avec notre Seigneur, plus nous expérimentons que son amour libère en nous la capacité d'aimer. Le secret pour aimer, c'est d'abord de nous laisser aimer tel que nous sommes. Vainqueur de la mort et du péché, le Christ vient faire toutes choses nouvelles, changer notre cœur de pierre en cœur de chair.

Selon les spécialistes, le Père de Foucauld ne s’est pas converti une fois mais plusieurs fois. Et toutes ces étapes l’ont rapproché de Jésus jusqu’à sa dernière conversion qui a fait de lui le petit frère universel. À Tamanrasset il tombe malade et c’était dans une période très difficile de sécheresse… le bétail était décimé.  Pour guérir le père Charles, les touaregs qui l’entourent vont parcourir des kilomètres et des kilomètres pour lui trouver du lait.  Et ils vont le guérir. Alors Charles, le savant, l’homme énergique se rend tout à coup dépendant de ces pauvres. Ils lui sauvent la vie et à son tour, il va devenir le petit frère de ceux et celles qui en avaient fait leur frère dans un si beau geste de solidarité.

Cet élan d’amour a traversé toute l’histoire de l’Eglise et cette inspiration a continué de souffler dans la vie des communautés chrétiennes : au temps des persécutions les chrétiens des catacombes se soutenaient dans un amour mutuel qui faisait l'admiration de leurs persécuteurs.

Oui! La Parole de Dieu reçue et mise en pratique dans l'amour mutuel est capable de créer des "cieux nouveaux, une terre nouvelle" comme le dit la deuxième lecture. Notre monde d'aujourd'hui comme celui d’hier a besoin de ce témoignage. Les luttes de pouvoir pour dominer le marché, les dérives des radicalismes ne peuvent être guéris que si les disciples de Jésus savent apporter, avec confiance et avec l'aide de l'Esprit Saint, le témoignage qu'autre chose est possible en vivant cette charité fraternelle qui va au- delà des conflits et au-delà des frontières de toutes sortes.

Tournons, en terminant, notre regard vers le parfait visage de l’amour miséricordieux du Père qu’est le Seigneur Jésus Ressuscité. Il est là « au cœur de nos vies » comme on le chante parfois à la messe. Nous le rencontrons maintenant dans le Pain et le Vin consacrés qu'il donne pour la vie du monde.

Le témoignage des saints, et dix s’ajoutent au calendrier ce matin, est toujours porteur de renouveau. Le jour de son assassinat on a retrouvé une lettre qu’il venait d’écrire à sa sœur. Il terminait la lettre en écrivant ceci : On n’aime jamais assez ! Puisse cette parole nous inviter à aimer toujours plus, à l’exemple des saints et des saintes qui ont fait la joie du Seigneur au long des âges.

Tu es là au cœur de nos vies et c’est toi qui nous fait vivre, tu es là au cœur de nos vies, bien vivant ô Jésus Christ !

 

                                                        Père Alain Fontaine

 

                                                     

 

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